Les violences au sein des couples connaissent une résurgence préoccupante. Bien qu’elles touchent l’ensemble de la cellule familiale, à savoir les hommes comme les femmes, ces actes affectent de manière disproportionnée les femmes. Face à la multiplication des incidents signalés, les autorités sanitaires, les institutions publiques et le tissu associatif expriment une inquiétude croissante.
Les spécialistes pointent du doigt une combinaison de tensions structurelles et conjoncturelles. La précarité économique, l’insécurité liée à l’emploi et le stress financier quotidien constituent un terrain propice à l’exacerbation des conflits interpersonnels. À ces difficultés matérielles s’ajoutent fréquemment des facteurs aggravants, tels que l’alcoolisme ou l’usage de substances psychoactives. Sur le plan relationnel, l’absence de communication, la jalousie et les dynamiques d’emprise au sein du foyer demeurent les déclencheurs les plus récurrents.
Les répercussions physiologiques et psychologiques de ces violences s’avèrent dévastatrices. Outre les blessures corporelles, de nombreuses victimes développent des troubles anxieux sévères, des états dépressifs ou sombrent dans un isolement durable. L’exposition continue des enfants à ces scènes de violence perturbe leur développement psychique et scolaire, augmentant le risque d’assimilation de comportements agressifs.
Plusieurs faits divers récents témoignent de la gravité de la situation sur le territoire.
Concernant les agressions graves au sein du foyer, un homme aurait passé à tabac son épouse et sa belle-sœur à la suite d’un différend d’une extrême violence, laissant cette dernière inconsciente.
Un drame tragique est également survenu à la Sortie-Sud de la capitale. Dans la sous-préfecture de Koundoul, une femme a succombé à ses blessures après avoir été rouée de coups par son conjoint, ce dernier étant rentré au domicile en état d’ivresse présumé.
Une découverte macabre a aussi eu lieu à Toukra. Le 1er août 2026, le corps sans vie d’une femme a été retrouvé dans le 9ᵉ arrondissement de N’Djamena. Les éléments d’enquête préliminaires et les traces relevées sur place suggèrent une agression sexuelle suivie d’un homicide, la victime ayant vraisemblablement tenté de résister.
Pour enrayer cette spirale, les intervenants du secteur social et juridique préconisent une réponse multidimensionnelle articulée autour du renforcement de la sensibilisation communautaire, d’une prise en charge médicale et psychologique adaptée, ainsi que d’une application rigoureuse du cadre pénal à l’encontre des auteurs.
Les violences intrafamiliales dépassent le cadre strictly privé : elles constituent un enjeu de santé publique et de sécurité civile. La prise en charge effective de ce phénomène repose sur la rupture du silence, le soutien institutionnel aux victimes et la promotion du respect mutuel au sein du foyer.


