Les relations économiques entre Alger et N’Djamena se concrétisent. La capitale algérienne a accueilli ce lundi, 20 avril, la première session du Conseil d’affaires algéro-tchadien, une rencontre qui lance le rapprochement entre les deux nations. Sous l’égide du ministre algérien du Commerce extérieur et de la Promotion des exportations, Kamal Rezig, cet événement réunit de nombreux opérateurs économiques et décideurs des deux pays.
Pour Kamal Rezig, la tenue de ce conseil traduit la volonté commune des chefs d’État de transformer les liens politiques historiques en un partenariat productif. L’Algérie, engagée dans une dynamique d’ouverture vers le continent, identifie le Tchad comme un partenaire majeur. Cette ambition repose sur des projets de fond, notamment le renforcement des liaisons aériennes et l’exploitation de la route Transsaharienne Alger-Lagos, outil de base pour la circulation des biens et des personnes.
Co-président du Conseil d’affaires, Mahamat Saleh Abdeldjalil, Conseiller Spécial du Président de la République du Tchad, a livré un plaidoyer pragmatique pour la refonte de la coopération bilatérale. Devant un auditoire composé de membres du gouvernement et de chefs d’entreprise, il a souligné l’urgence de passer d’une diplomatie de principe à une action économique réelle.
Saluant l’accueil des autorités algériennes, Mahamat Saleh Abdeldjalil a rappelé que la fréquence des échanges entre les présidents Mahamat Idriss Déby Itno et Abdelmadjid Tebboune dépasse la simple courtoisie protocolaire. « Notre présence ici relève d’une nécessité de construire ensemble », a-t-il affirmé, exhortant à traduire la vision des deux chefs d’État en projets industriels et commerciaux.
L’essentiel de son intervention a porté sur le potentiel naturel du Tchad. Avec 39 millions d’hectares de terres arables et un cheptel de 150 millions de têtes, le pays aspire à devenir un pôle agro-pastoral de référence. Toutefois, ce développement reste lié au renforcement des capacités de transformation locale.
Le sous-sol tchadien offre également des perspectives d’envergure. Si le pétrole, l’or, l’uranium, le fer et la bauxite constituent des ressources de base, près de 80 % de ce potentiel reste à exploiter. Pour Mahamat Saleh Abdeldjalil, la complémentarité est évidente : l’Algérie dispose de l’expertise industrielle et des capacités de financement, tandis que le Tchad offre ses matières premières et sa position géographique au cœur du continent.
Bien que conscient des défis logistiques liés à la route transsaharienne et aux mécanismes financiers, le Co-président du Conseil d’affaires, Mahamat Saleh Abdeldjalil, a réitéré l’engagement de l’État tchadien à travers le Plan National de Développement « Tchad Connexion 2030 ». Il a ainsi promis une simplification des procédures administratives et une sécurité renforcée pour les investisseurs algériens.
En conclusion, Mahamat Saleh Abdeldjalil a appelé les opérateurs économiques à se saisir de cette occasion. Selon lui, le cadre politique étant désormais posé, il appartient aux acteurs privés de bâtir ce partenariat entre le Maghreb et le Sahel, afin d’en faire un moteur de prospérité pour l’Afrique.


