À la veille de la Journée mondiale de l’environnement, le ministre de l’Environnement, de la Pêche et du Développement durable, Hassan Bakhit Djamous, a fait une déclaration ce jeudi 4 juin. Face aux dérèglements qui touchent le pays, le gouvernement aligne ses priorités sur le mot d’ordre des Nations unies : « Maintenant pour le climat »
Lors de son intervention, le ministre a rappelé la vulnérabilité du territoire tchadien. Bien que le pays émette très peu de gaz à effet de serre à l’échelle mondiale, il subit directement les effets du réchauffement global. Hassan Bakhit Djamous a notamment évoqué la baisse de près de 90 % de la superficie du lac Tchad, l’alternance d’inondations et de sécheresses sur les terres agricoles, la modification des couloirs de transhumance des éleveurs et l’impact nutritionnel sur les enfants.
Pour répondre à ces problématiques sous la direction du président de la République, Mahamat Idriss Déby Itno, les autorités axent leur programme de transition autour de plusieurs orientations précises. Sur le plan financier, l’organisation de la deuxième édition de l’exposition sur le financement climatique vise à capter de nouvelles ressources auprès des partenaires internationaux. En matière de reboisement, l’initiative « Un Tchadien, un arbre » servira de socle à la Semaine nationale de l’arbre 2026.
Le volet énergétique prévoit d’intégrer 30 % d’énergie solaire dans la production nationale d’ici 2028, un objectif qui s’appuie sur la finalisation prochaine des centrales de Faya-Largeau, Mongo et Sarh. Enfin, concernant la protection des forêts, les effectifs des gardes forestiers et fauniques reçoivent des moyens supplémentaires pour appliquer la législation contre la coupe illégale de bois et les feux de brousse. Le ministre a mis en évidence les interactions entre la sécurité et la préservation de l’environnement.
Dans la province du lac Tchad, l’insécurité liée aux actions du groupe Boko Haram fragilise l’accès aux ressources naturelles et perturbe l’acheminement de l’aide humanitaire. La résolution de ces crises interconnectées suppose une coopération renforcée avec la Force multinationale mixte (FMM) et les États de la sous-région. Estimant que la réponse publique requiert l’implication de la société civile, Hassan Bakhit Djamous sollicite une contribution collective. Les autorités locales et traditionnelles sont invitées à coordonner des actions d’assainissement et de plantation. Les exploitants agricoles et les familles sont encouragés à adopter des pratiques durables et à sensibiliser les maisonnées à la gestion de l’eau, tandis que la jeunesse est appelée à s’engager activement dans les initiatives environnementales.
En conclusion, le chef du département de l’Environnement a interpellé les bailleurs de fonds internationaux. S’il réaffirme les engagements pris par l’État tchadien, il plaide pour des mécanismes d’aide financière plus rapides et simplifiés, affirmant que la mise en œuvre concrète des engagements des différentes COP doit désormais primer sur les déclarations d’intention.


