À l’approche de la saison des pluies, le chef-lieu de la province du Sila fait face à une augmentation marquée des prix du carburant et des lubrifiants. Cette situation affecte l’ensemble des activités économiques locales, particulièrement le secteur agricole et les transports, dans une province fortement dépendante des flux logistiques avant l’isolement saisonnier.
Sur les différents points de vente de Goz-Beïda et de ses environs, l’accès aux produits pétroliers s’est considérablement restreint. Les stocks disponibles s’échangent à des tarifs en forte hausse. Concernant l’essence, la bouteille de 1,5 litre varie entre 2 000 et 2 500 FCFA, le bidon de 20 litres atteint 27 500 FCFA, tandis que le fût frôle les 300 000 FCFA. Pour le gazole, le prix du fût s’etablit également autour de 300 000 FCFA, alors que plusieurs dépôts de stockage de la ville affichent une rupture complète d’approvisionnement. Enfin, le litre d’huile de moteur se négocie désormais entre 2 000 et 3 000 FCFA selon les revendeurs.
Cette indisponibilité des hydrocarbures survient à une période charnière pour cette province agro-pastorale. Les préparatifs des semis et le labour des terres, qui nécessitent l’usage de tracteurs et d’engins agricoles, se trouvent ralentis par le manque de gazole. Pour les acteurs du secteur, les retards accumulés dans les travaux champêtres font peser un risque direct sur les rendements des prochaines récoltes et sur la sécurité alimentaire de la zone.
Les répercussions touchent également les transports urbains et interurbains. Les conducteurs de mototaxis et les transporteurs de marchandises subissent directement cette hausse des coûts d’exploitation, entraînant par effet de ricochet une augmentation des prix des denrées de première nécessité sur les marchés. De plus, la rareté du gazole perturbe le fonctionnement des générateurs électriques privés et des petites unités de transformation locales.
Face à ces difficultés croissantes, les usagers, commerçants et groupements agricoles sollicitent une intervention des autorités provinciales et des opérateurs économiques. L’objectif affiché est d’obtenir une régulation des tarifs et une sécurisation des stocks de carburant avant que les précipitations futures ne dégradent l’état des pistes et ne compliquent définitivement le ravitaillement de la province.


