À la recherche d’une barbe calquée sur celle de célébrités comme Gims ou Fally Ipupa, de nombreux jeunes Tchadiens se tournent vers les produits stimulants appelés « pousse-poils ». « Ils veulent ressembler à telle ou telle star. C’est ce qui les pousse à modifier leur apparence en utilisant ces substances qui affectent pourtant leur santé », confie Martyre, un jeune homme de la cité capitale.
Cette tendance a gagné du terrain dans la capitale, N’Djaména. Ils sont nombreux à vouloir accélérer artificiellement la pousse de leur barbe et de leurs cheveux. Cet intérêt grandissant se reflète sur Internet, où les astuces et conseils sur le sujet abondent.
Si certaines recommandations en ligne relèvent de méthodes naturelles, comme la pratique du sport pour stimuler la circulation sanguine ou l’adoption d’un régime alimentaire spécifique, une partie de la jeunesse privilégie les solutions chimiques. Ces produits sont souvent achetés et appliqués sans avis médical préalable, au mépris des effets secondaires.
Selon le docteur Nousradine, l’utilisation de ces substances présente des risques sanitaires bien réels. Certains composants chimiques peuvent provoquer des déséquilibres dans l’organisme et exposer les utilisateurs à diverses pathologies cutanées. C’est le cas de l’eczéma, une affection qui se manifeste par des plaques rouges, sèches et de fortes démangeaisons, ou de la folliculite de la barbe, une irritation liée aux poils qui s’incarnent dans le follicule en provoquant des boutons. D’autres développent une pelade, caractérisée par une perte de poils localisée, ou une hypertrichose, qui se traduit par un développement excessif et anormal de la pilosité.
Le Dr Nousradine précise que l’eczéma reste la pathologie la plus fréquemment observée en consultation chez les usagers de ces stimulants. Le professionnel de santé déconseille l’usage de substances chimiques non contrôlées et rappelle que la consultation d’un médecin demeure indispensable avant d’entreprendre tout traitement de ce type.


