À N’Djamena, l’accumulateur d’énergie portable, plus connu sous le nom de « power bank », est devenu un accessoire omniprésent. Dans les bureaux, lors des cérémonies, sur les marchés ou en pleine course, cet outil s’est imposé dans le quotidien des Tchadiens pour pallier les coupures intempestives d’électricité.
Pour de nombreux citoyens, le power bank est désormais l’unique garantie de rester connecté. Nazila, commerçante de produits cosmétiques en ligne, explique que son activité dépend entièrement de l’autonomie de sa batterie : « Je dois être joignable 24 heures sur 24 pour les commandes. Sans mon téléphone, mon commerce est virtuellement fermé. Avec mes deux batteries externes, je m’en sors très bien. » Même constat pour Alhadj Adam, conducteur de moto-taxi (clandoman), qui a investi 15 000 Fcfa dans un appareil de secours. « Mes clients m’appellent de partout pour des courses ou des livraisons. Si mon téléphone s’éteint ne serait-ce que trois heures, c’est un manque à gagner énorme. Le power bank est la seule vraie solution face aux délestages », confie-t-il.
Apprécié pour sa mobilité, l’appareil ne sert plus seulement aux téléphones, mais aussi aux casques et aux radios. « Nous sommes littéralement mariés au power bank », s’amuse Blandine, une utilisatrice citadine. « Avec les smartphones énergivores, il est devenu incontournable. » Au bureau, la stratégie est simple : recharger les accumulateurs dès que le courant est disponible. « Un bon modèle bien chargé peut tenir plus d’une semaine. C’est un soulagement quand les coupures se prolongent », témoigne Abdramane, un autre habitué.
Au Grand marché de la capitale, les vendeurs de téléphones et d’accessoires se frottent les mains. Mahamat Nour, boutiquier, confirme que la demande explose : « C’est actuellement le produit le plus sollicité, bien plus que les téléphones eux-mêmes. »
Cependant, cette forte demande a entraîné une hausse des prix. Le modèle de référence (marque Oraimo), autrefois vendu à 10 000 Fcfa, s’échange désormais contre 15 000 Fcfa. Les modèles de grande capacité (50 000 mAh) atteignent aujourd’hui 45 000 Fcfa. « Nous proposons des formats variés pour toutes les bourses, allant de 7 500 à 45 000 Fcfa. Malgré l’augmentation des tarifs, la clientèle ne faiblit pas », se réjouit Youssouf Djidda, un autre vendeur.
Qu’il soit un luxe ou une nécessité, le power bank semble avoir de beaux jours devant lui tant que le défi de la stabilité électrique demeure.


