Le Directeur Général du Conseil des Chargeurs du Tchad (CO-TCHAD), Hamid Djoumino, est monté au créneau lors d’un point de presse pour dénoncer une situation critique. Plus de 2 300 conteneurs destinés au marché tchadien sont actuellement immobilisés dans les ports de Douala et de Kribi, certains depuis plus d’une décennie. Un goulot d’étranglement qui menace directement l’économie nationale.
L’heure est à la mobilisation générale au Conseil des Chargeurs du Tchad. Face à la presse, le Directeur Général, Hamid Djoumino, n’a pas caché son inquiétude devant l’ampleur du phénomène des « conteneurs en souffrance » sur le corridor logistique menant au Tchad. Les chiffres présentés sont sans appel : 2 327 conteneurs sont aujourd’hui bloqués en terre camerounaise, dont 1 569 au Port Autonome de Douala (PAD) et 758 au Port Autonome de Kribi (PAK).
Ce qui frappe dans le diagnostic de Hamid Djoumino, c’est la durée de cette paralysie. Certains conteneurs affichent un stationnement excédant les 11 ans. Pour le Directeur Général, cette situation est une aberration logistique : « Ces marchandises, placées sous le régime du transit international, n’ont pas vocation à séjourner durablement dans les enceintes portuaires », a-t-il rappelé.
Cette immobilisation prolongée n’est pas sans conséquences financières. Entre frais de magasinage, surestaries et pénalités contractuelles, les charges s’accumulent de manière exponentielle, créant un cercle vicieux. Pour de nombreux opérateurs économiques, le montant des pénalités finit par dépasser la valeur même de la marchandise, poussant certains à l’abandon pur et simple de leurs cargaisons.
Pourtant, Hamid Djoumino prévient : l’abandon ne règle rien. Bien au contraire, ces marchandises risquent d’être vendues aux enchères par les douanes camerounaises, entraînant une perte sèche pour les investisseurs tchadiens et un manque à gagner pour l’économie du pays.
« Chaque conteneur immobilisé constitue une rupture dans la chaîne logistique et une perte de valeur pour l’économie nationale. In fine, ce surcoût se répercute sur le prix des marchandises et donc sur le pouvoir d’achat des citoyens », a martelé le Directeur Général.
Loin de se contenter d’un constat amer, le patron du COC-TCHAD a annoncé la mise en place de mesures concrètes pour débloquer la situation. Il appelle l’ensemble des acteurs : importateurs, exportateurs, transitaires et commissionnaires en douane, à se rapprocher sans délai des services du Conseil des Chargeurs.
Un Service d’Assistance aux Chargeurs a été spécialement activé pour servir d’interface avec les autorités portuaires et douanières du Cameroun. En collaboration avec les ports de Douala et de Kribi, des mécanismes de facilitation sont déjà opérationnels pour identifier les blocages, analyser les causes et proposer des allègements de contraintes afin de permettre l’enlèvement rapide des marchandises.
Hamid Djoumino de conclure que le CO-TCHAD est prêt à accompagner techniquement et administrativement les opérateurs, mais ces derniers doivent faire preuve de proactivité. L’objectif final est de fluidifier le corridor et de redonner de l’air à une économie tchadienne qui ne peut plus se permettre de voir ses ressources stagner sur les quais étrangers.


