Depuis plusieurs semaines, l’accès à l’eau potable est devenu instable dans de nombreux quartiers de la capitale tchadienne, affectant directement le quotidien de milliers de foyers. Les interruptions prolongées de la distribution obligent les habitants à adapter leur organisation pour s’approvisionner en cette ressource de première nécessité.
Dès les premières heures de la journée, la recherche d’eau mobilise une partie de la population. À défaut d’une desserte régulière au robinet, de nombreux résidents doivent rejoindre des forages publics, ou se tourner vers des revendeurs privés et des particuliers équipés de pousse-pousse. Cette situation pèse particulièrement sur le budget et le temps des ménages les plus modestes.
Les effets de cette crise se répercutent sur les activités domestiques les plus courantes, de la préparation des repas au maintien des conditions d’hygiène de base. Pour les foyers ne disposant d’aucune alternative de pompage à domicile, la gestion des réserves disponibles impose un rationnement strict et quotidien. Même les habitations dotées d’infrastructures de stockage privées subissent les contraintes de cette situation, souvent accentuée par les fluctuations de l’approvisionnement en électricité. L’absence d’une alimentation électrique stable empêche le fonctionnement régulier des pompes nécessaires au remplissage des réservoirs.
« Lorsque l’électricité est disponible, nous en profitons pour faire monter l’eau, mais le véritable problème demeure l’instabilité du réseau électrique », témoigne Clémentine Tigane, une trentenaire résidant dans le quartier Gassi.
Au-delà des difficultés logistiques et domestiques, la persistance de ces pénuries soulève des enjeux de santé publique liés à la qualité de l’eau consommée. Face à ce défi persistant, les attentes de la population restent fortes quant à la mise en œuvre de solutions techniques durables pour sécuriser l’approvisionnement de la ville.

