Au Tchad, l’électricité, pourtant considérée comme un levier essentiel du développement économique et social, demeure un luxe pour une grande partie de la population. Pendant que certains pays africains célèbrent vingt (20) à trente (30) ans sans délestage, les Tchadiens, eux, continuent de subir des coupures répétitives et prolongées.
De la Société Tchadienne d’Eau et d’Électricité (STEE) à la Société Nationale d’Électricité (SNE), jusqu’à la Tchadelect aujourd’hui, les réformes institutionnelles n’ont pas permis d’apporter une solution durable à la crise énergétique. Les ministres et responsables se succèdent, mais le problème persiste, freinant considérablement l’essor économique du pays.
À N’Djamena, l’électricité est devenue une denrée rare, presque comparable à une perle précieuse. Elle apparaît et disparaît comme un jeu de lumière, distribué de manière inégale d’un quartier à un autre. Dans certains secteurs de la capitale, les délestages peuvent durer trois (3) à quatre (4) jours, voire une semaine entière. Une situation encore plus difficile à supporter en période de forte canicule, où l’accès à l’électricité devient une nécessité vitale.
Face à cette réalité, les populations s’interrogent sur l’utilité de ces infrastructures visibles poteaux électriques et réseaux de câbles qui semblent parfois ne pas remplir leur mission première : fournir de l’énergie de manière stable et continue.
Pourtant, le Tchad dispose d’un potentiel considérable en ressources naturelles. L’énergie solaire, la géothermie, l’éolien et d’autres alternatives offrent des perspectives concrètes pour améliorer la production énergétique nationale. Ces solutions, si elles sont correctement exploitées avec une vision stratégique claire, pourraient sortir le pays de cette impasse.
Il devient donc impératif pour la Tchadelect, en collaboration avec les autorités de tutelle, de repenser son fonctionnement, de renforcer ses capacités techniques et d’adopter des stratégies efficaces. Restaurer la confiance des citoyens passe par des actions concrètes et des résultats visibles.
Aujourd’hui, la crise énergétique au Tchad semble se situer entre des difficultés techniques réelles et un manque de volonté manifeste de mettre en œuvre des solutions durables.


