Le Tchad demeure l’un des pays africains où l’accès à l’eau potable reste un défi majeur. Malgré un important potentiel hydrique constitué du lac Tchad, des fleuves Chari et Logone ainsi que de vastes nappes souterraines, une grande partie de la population, notamment en milieu rural, ne bénéficie toujours pas d’un accès sûr et permanent à l’eau potable. Les indicateurs internationaux classent régulièrement le pays parmi les moins performants du continent en la matière.
Selon les données du Programme conjoint OMS/UNICEF, environ 64 % de la population tchadienne a accès à un service d’eau potable amélioré, laissant plusieurs millions de personnes dépendantes de puits traditionnels, de mares ou de points d’eau non sécurisés. Les autorités tchadiennes évoquent un taux national d’accès de 63,5 %, tout en reconnaissant de fortes disparités entre les provinces.
À l’échelle du continent, le Tchad figure dans le groupe des pays les moins bien classés en matière d’accès à l’eau potable. Les estimations disponibles indiquent que près d’une personne sur deux n’avait pas accès à une source d’eau potable sûre, plaçant le pays parmi les plus touchés d’Afrique subsaharienne.
Cette situation s’explique par plusieurs facteurs, notamment les effets du changement climatique, la baisse du niveau du lac Tchad, la croissance démographique, l’insuffisance des infrastructures hydrauliques et les crises humanitaires qui exercent une forte pression sur les ressources en eau, en particulier dans les provinces accueillant des réfugiés et des déplacés.
Pour inverser cette tendance, le gouvernement tchadien, avec l’appui de ses partenaires techniques et financiers, multiplie les investissements dans les forages, les réseaux d’adduction d’eau potable et les infrastructures d’assainissement. Le Forum africain de l’eau, organisé à N’Djamena en juillet 2026, a d’ailleurs réaffirmé l’urgence d’accélérer les actions en faveur d’un accès universel à l’eau.
L’amélioration de l’accès à l’eau potable constitue aujourd’hui un enjeu stratégique pour le Tchad. Au-delà de la santé publique, elle conditionne le développement économique, la sécurité alimentaire et la résilience des populations face aux effets du changement climatique. Les progrès enregistrés devront être consolidés afin de permettre au pays d’améliorer durablement son rang en Afrique dans ce secteur essentiel.


