Dans un contexte continental où les alliances politiques redessinent la géopolitique régionale, le Mouvement Patriotique du Salut (MPS) et le CNDD-FDD du Burundi viennent de franchir un cap décisif.
La rencontre de haut niveau tenue ce jeudi 26 mars 2026 à N’Djamena, marquée par des échanges directs entre les secrétaires généraux des deux partis, acte un « partage d’ingénierie politique » sans précédent entre les deux formations au pouvoir. Le Commando du MPS face au stratège de Gitega, c’est une délégation de poids, véritable concentré d’expertise politique et technique, qu’a conduite le Secrétaire Général du MPS, Aziz Mahamat Saleh. Pour cette toute première visite officielle en terre tchadienne de son homologue burundais, l’accueil a été à la mesure des enjeux. Face à lui, l’Honorable Révérien Ndikuriyo, Secrétaire Général du CNDD-FDD (Conseil National pour la Défense de la Démocratie – Forces de Défense de la Démocratie), a réaffirmé la solidité des liens qui unissent le Tchad et le Burundi.
Autour du patron du « parti de l’unisson » se retrouvent des figures stratégiques du MPS telles que le Secrétaire Général 1er Adjoint, Dr Issa Doubragne, la Secrétaire Générale 3ème Adjointe, Mme Ammina Ehemir Torna, le Trésorier Général du MPS, Hamid Djoumino et bien d’autres. Cette composition traduit la volonté du MPS de donner une substance réelle et technique à l’accord de coopération signé entre les deux formations il y a quelques mois.
L’enjeu de ce rapprochement est double. D’un côté, le MPS regarde avec intérêt le modèle burundais porté par Révérien Ndikuriyo, réputé pour son maillage territorial exceptionnel et sa capacité de mobilisation à la base, notamment via sa ligue des jeunes. De l’autre, le CNDD-FDD s’inspire de l’expertise tchadienne en matière de stabilisation sécuritaire et de gestion des transitions politiques dans un environnement sahélien complexe. « L’objectif est clair : échanger des bonnes pratiques en matière d’encadrement de la jeunesse et de mobilisation de masse », a souligné Aziz Mahamat Saleh, soutenu par son homologue burundais qui voit en cette alliance un rempart pour la souveraineté africaine.
Le point d’orgue de cette rencontre réside dans la volonté de dépasser la politique politicienne pour entrer dans une phase d’exécution technique. Le MPS injecte une dose de planification stratégique dans l’accord. Il s’agit désormais de construire des ponts entre les écoles de cadres, d’harmoniser les discours diplomatiques et de mutualiser les réflexions sur l’autonomie économique des États.
En recevant avec les honneurs la délégation conduite par Révérien Ndikuriyo, le MPS réaffirme la position centrale du Tchad sur l’échiquier de l’Afrique Centrale.
Cette diplomatie partisane, loin d’être symbolique, dessine les contours d’une solidarité idéologique nouvelle, où l’expérience du terrain prime sur les théories importées.


