À l’approche de l’Aïd Al-Fitr, les marchés de la capitale tchadienne ne désemplissent pas. Entre les étals colorés et la cohue des grands jours, N’Djamena vibre au rythme des préparatifs. Pourtant, derrière l’effervescence apparente, une réalité économique pesante s’invite dans les échanges : la flambée des prix.
Dans les allées du Marché Central ou de celui de Choléra, le spectacle est identique. Hommes, femmes et enfants déambulent en quête de la parure parfaite. Boubous brodés, tissus chatoyants et chaussures neuves s’exposent sous le regard de clients de plus en plus sélectifs. Les vendeurs, installés derrière des montagnes de marchandises, redoublent d’efforts pour haranguer les passants. Mais cette année, le cœur n’est pas totalement à la fête.
Pour de nombreux chefs de famille, le constat est amer. « Les prix ont presque doublé par rapport au mois dernier », déplore un habitant croisé entre deux stands. Cette inflation, particulièrement marquée sur les articles vestimentaires et les accessoires de mode, fragilise le budget des ménages les plus modestes. Malgré ces tarifs dissuasifs, la volonté de célébrer dignement cette fête religieuse majeure pousse les fidèles à multiplier les allers-retours, espérant dénicher la perle rare à un prix raisonnable.
Du côté des commerçants, on se défend de toute spéculation abusive. Si certains admettent profiter de la forte demande pour ajuster leurs marges, la majorité pointe du doigt des facteurs externes. « Les frais de transport et les taxes à l’importation ont augmenté, nous ne faisons que répercuter nos coûts », justifie un grossiste en prêt-à-porter. Il n’en reste pas moins que les négociations sont rudes et que chaque franc est âprement discuté.
Malgré ces tensions économiques, l’esprit de l’Aïd Al-Fitr reste intact. La tradition d’arborer des vêtements neufs pour la prière et les visites familiales demeure un pilier social indéboulonnable. À quelques jours de l’échéance, l’espoir de célébrer dans la joie l’emporte sur les calculs budgétaires, maintenant ainsi les marchés de la capitale dans un état d’ébullition permanente.


