De nos jours, l’accès aux méthodes contraceptives s’est démocratisé, et un nombre croissant de femmes mariées, célibataires ou jeunes filles, cherchent à espacer les naissances ou à éviter des grossesses non désirées. Ces méthodes sont recherchées dans les pharmacies, les centres de santé, les structures spécialisées, et, de manière alarmante, auprès de non-professionnels.
La planification familiale s’est imposée dans l’esprit de nombreuses femmes, y compris celles qui n’ont pas bénéficié d’une éducation scolaire formelle. Si certains couples s’accordent sur ce choix, d’autres se heurtent au refus catégorique du conjoint, souvent pour des raisons religieuses ou des contraintes culturelles. Face à cette opposition, de nombreuses épouses se sentent contraintes de recourir à des pratiques clandestines.
Elles trouvent alors refuge auprès de non-professionnels, dont la seule exigence est financière. Elles s’adonnent à ces pratiques sans l’aval, ni même l’information, de leur époux. Cependant, cette dissimulation est une source majeure de conflits conjugaux, menant, dans une majorité de cas, à la rupture.
Mme Sadia M. a payé le prix fort pour ne pas avoir informé son époux avant la pose d’un implant. Malgré le retrait subséquent du contraceptif, le mariage n’a pu être sauvé. « Cela nous a conduits au divorce. Je n’ai pas pu regagner mon foyer, même après avoir retiré l’implant », confie-t-elle.
Mme Ronel, elle, a frôlé le même sort. Chassée de son domicile à cause d’un implant, il lui a fallu un mois pour rétablir la situation. « J’ai dû jurer de ne plus jamais rien faire sans l’autorisation de mon époux. Même après, la relation est restée tendue pendant plus de quatre mois », explique-t-elle, amère. « Franchement, les hommes ne nous aident pas. J’ai déjà 5 enfants, et il refuse d’envisager une pause. »
Une autre femmep, s’exprimant sous couvert de l’anonymat, confie pratiquer la contraception depuis 5 ans sans que son mari n’en sache rien. Pour des raisons religieuses, ce dernier refuse d’aborder le sujet. Par souci de discrétion, elle évite les centres de santé où la présence de l’époux est parfois requise.
Les précisions d’une professionnelle
Face à ces dérives, la sage-femme Issela rappelle que de nombreux centres de santé proposent une gamme variée de méthodes contraceptives. Pour la longue durée, le Tchad propose notamment les implants Jadelle (efficace cinq ans) et Implanon (efficace trois ans).
Mme Issela insiste pour démentir les rumeurs persistantes selon lesquelles la contraception rend stérile à long terme. Au contraire, elle assure que ces méthodes « renforcent la santé du couple et de l’enfant ». Elle tient également à rassurer : « Les implants ne disparaissent jamais dans l’organisme. »


