Réunies ce samedi 18 avril 2026 à la Bourse du Travail, les instances du Syndicat National du secteur pétrolier du Tchad (PETROSYNAT) sont montées au créneau. Par la voix de son Secrétaire Général, Moussa Mahamat Abakar, l’organisation syndicale pointe du doigt le refus de la Société de Raffinage de N’Djaména (SRN) de se conformer aux directives gouvernementales relatives à l’harmonisation des salaires dans le secteur.
Le contentieux remonte à novembre 2024, période durant laquelle les ministères du Pétrole et du Travail ont instauré une convention collective type de branche. Cette réforme visait à harmoniser les conditions salariales de l’ensemble des employés du pétrole via une grille obligatoire et non négociable.
Selon le Secrétaire Général du PETROSYNAT, la Direction Générale de la SRN a d’abord fait preuve de résistance avant de céder sous la pression de la tutelle. Cependant, malgré une note circulaire du 22 décembre 2025 enjoignant une application effective dès janvier 2026, la société refuse toujours d’ajuster ses rémunérations. « Où se situe donc la logique d’harmonisation voulue par les plus hautes autorités ? La SRN se rebelle-t-elle contre la volonté de l’État ? Se croirait-elle plus puissante que l’État lui-même ? », s’est interrogé Moussa Mahamat Abakar.
Pour justifier ce statu quo, la direction de la raffinerie invoque un surcoût budgétaire qui menacerait la rentabilité et les opérations de maintenance générale. Des arguments que le PETROSYNAT rejette fermement en exposant un comparatif des masses salariales : personnel expatrié (Chinois), 216 personnes pour environ 1,9 milliard de FCFA par mois ; personnel national (Tchadiens), Plus de 600 personnes pour 598 millions de FCFA par mois.
Moussa Mahamat Abakar souligne qu’un ingénieur ou opérateur chinois perçoit trois à quatre fois le salaire de son homologue tchadien. Pour le syndicat, l’argument financier de la SRN est « fabriqué de toutes pièces », puisque l’augmentation demandée pour les nationaux pèse peu face aux rémunérations versées aux expatriés.
Le PETROSYNAT rappelle que la justice sociale est un chantier prioritaire du mandat du Chef de l’État, le Maréchal du Tchad Mahamat Idriss Deby Itno. Pour le syndicat, le refus de la SRN constitue une « injustice flagrante » et une provocation envers le peuple tchadien.
Face à cette situation, Moussa Mahamat Abakar a formulé trois exigences majeures : l’application immédiate et sans condition de la nouvelle grille avec effet rétroactif à janvier 2026. ; la transparence totale sur les écarts de rémunération entre expatriés et nationaux ; la fin des arguments budgétaires jugés fallacieux par le syndicat.
Le secrétaire général a conclu son allocution en interpellant directement la ministre du Pétrole, Madame Fatimé Haram Acyl, et son collègue de la Fonction publique, Monsieur Abdoulaye Mbodou Mbami, pour un rappel à l’ordre de la société.
À défaut d’une issue favorable dans un délai raisonnable, le syndicat prévient qu’il utilisera tous les moyens légaux pour faire valoir les droits des travailleurs.


