L’Association Nationale des Provinces du Tchad (ANPT) a tenu, ce lundi 30 mars 2026 à l’hôtel Radisson Blu, son Assemblée Générale annuelle. Sous la présidence de Keumaye Ignegongba, président du Conseil provincial du Mayo-Kebbi Ouest et de l’association, les représentants des 23 provinces se sont réunis pour dresser le bilan de l’exercice écoulé et définir les priorités de l’année 2026.
L’ordre du jour a été marqué par l’examen rigoureux du rapport d’activités et du bilan financier de l’année 2025. Ces échanges techniques ont permis aux conseillers provinciaux de valider une nouvelle feuille de route pour 2026, tout en abordant les enjeux actuels de la gouvernance locale.
Au cœur des débats, la question de la centralisation des services à N’Djaména a suscité de vives réactions. Les membres de l’ANPT ont pointé du doigt la non-application de l’article 75 de la loi n°14/CNT/2024. Ce texte prévoit pourtant que les provinces disposent de ressources propres, notamment fiscales, ainsi que de dotations étatiques. Selon les participants, ce défaut d’application entrave lourdement le fonctionnement administratif à l’intérieur du pays.
Face à ces blocages, les conseillers ont formulé une série de recommandations adressées au gouvernement. Celles-ci portent sur quatre axes stratégiques : le renforcement de la place institutionnelle des conseils provinciaux ; la clarification du cadre juridique et réglementaire ; l’autonomie des ressources et du financement ; la redéfinition des rapports entre les services déconcentrés et les collectivités autonomes.
Pour Keumaye Ignegongba, cette rencontre dépasse le cadre d’une simple réunion statutaire. Elle constitue une étape décisive pour affirmer le rôle des provinces dans l’architecture institutionnelle du pays. En unissant leurs voix, les présidents des conseils provinciaux entendent peser davantage dans le processus de développement territorial du Tchad.


