Depuis quelques semaines, une recrudescence de cas de rougeole et de méningite est observée dans plusieurs provinces du pays ainsi que dans la capitale. Les structures sanitaires font face à un flux croissant de patients, particulièrement des jeunes enfants, dont l’état de santé nécessite une prise en charge urgente.
Au Centre Hospitalier Universitaire de la Mère et de l’Enfant (CHU-ME), la pression est particulièrement visible à la pédiatrie n°1. Les admissions pour ces deux pathologies ne cessent d’augmenter, saturant progressivement les capacités d’accueil. Selon une infirmière du service, plus de 130 cas de rougeole et 54 cas de méningite ont été enregistrés entre les mois de mars et avril. Pour la méningite, les nourrissons âgés de 0 à 30 mois sont les plus durement touchés, arrivant souvent avec des fièvres sévères dépassant les 38°C.
Face à cette urgence, le corps médical exprime une vive préoccupation. Un médecin du CHU-ME souligne que ces maladies, hautement contagieuses et potentiellement mortelles, continuent de faire des victimes malgré les efforts déployés. L’autre défi majeur réside dans l’insuffisance des infrastructures, puisque son service ne dispose que d’une seule salle de quatre lits dédiée à la rougeole. Ce manque de place contraint le personnel à transférer certains patients vers le service de la malnutrition.
Le constat est tout aussi alarmant à l’Hôpital de l’Amitié Tchad-Chine (HATC). La pédiatrie y est submergée par l’afflux d’enfants souffrant de méningite, de rougeole ou encore de varicelle. Dans les couloirs, l’attente est longue pour les familles. Une mère de famille, arrivée tôt le matin, témoigne de son angoisse face à l’état de son enfant qui présente une forte fièvre et des éruptions cutanées, alors que les médecins sont totalement débordés.
Sur le plan clinique, la méningite se manifeste principalement par une forte fièvre chez les tout-petits. Quant à la rougeole, elle se reconnaît à l’apparition de petits boutons sur l’ensemble du corps, systématiquement accompagnés d’une température élevée. Les autorités sanitaires et les praticiens restent en alerte face à cette situation qui fragilise le système de soins local.


