À la suite de deux missions de terrain distinctes, la Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH) a dressé un bilan critique de la situation humanitaire dans deux secteurs de la capitale. Bien que de natures différentes, ces événements ont plongé des centaines de citoyens dans une précarité extrême, les privant de logements et de moyens de subsistance. Face à cette situation, le vice-président de la sous-commission chargée de la prévention de la torture, Banadji Boguel Pyrrhus, a animé un point de presse pour appeler à une action publique urgente.
Le premier sinistre concerne le Marché à mil, ravagé par un violent incendie. Sur place, la délégation de la CNDH a constaté l’ampleur des dégâts matériels. Des centaines de commerçants et d’artisans ont perdu leurs boutiques et leurs stocks. Pour la majorité d’entre eux, cette activité constituait l’unique source de revenus familiaux, ce qui aggrave le risque de basculement dans une précarité durable.
Le second constat, réalisé à Toukra Mousgoum, concerne la perte de logements. Au total, 26 ménages, soit 177 personnes, se retrouvent sans abri et vivent désormais à ciel ouvert. Le profil des sinistrés comprend 33 hommes, 34 femmes et 110 enfants, parmi lesquels figurent 77 garçons et 33 filles, ce qui accentue la vulnérabilité du groupe. Sans protection adéquate, ces familles restent exposées aux intempéries, à l’insécurité et à des risques sanitaires accrus.
Devant cette double crise, la CNDH a rappelé les cadres juridiques en vigueur. L’institution souligne que la Constitution tchadienne garantit la dignité humaine et la protection des droits fondamentaux. Elle rappelle également les engagements internationaux du Tchad, notamment en tant qu’État partie à la Déclaration universelle des droits de l’homme, et invite les autorités compétentes à déployer une assistance humanitaire rapide et conforme à ces textes.


