Le Tchad a lancé, ce mercredi 25 mars, la deuxième édition de son exposition dédiée au financement climatique. Sous la direction du Premier ministre, cette rencontre rassemble le gouvernement, des partenaires techniques et financiers, ainsi que des acteurs du secteur privé. L’objectif est de coordonner les ressources nécessaires pour répondre aux enjeux environnementaux du pays.
La cérémonie d’ouverture s’est tenue sous la présidence du Dr Abdoulaye Sabre Fadoul, ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, représentant le Premier ministre. Étaient également présents Amir Idriss Kourda, ministre des Infrastructures, représentant le ministre de l’Environnement, ainsi que divers représentants d’institutions internationales.
Une réalité quotidienne
Pour le Dr Abdoulaye Sabre Fadoul, la situation est sans équivoque : le changement climatique est une réalité vécue chaque jour au Tchad. Il a rappelé la progression de la désertification, la dégradation des terres, la multiplication des inondations et le recul du Lac Tchad, dont la superficie a diminué de 90 %. Ces phénomènes touchent directement l’économie et la stabilité du pays.
L’UNICEF a apporté un éclairage sur l’impact humain de ces transformations. Luciano Calestini, représentant pays, a mis en avant le lien entre climat et santé infantile. Il a précisé que près de 80 000 enfants de moins de 5 ans décèdent chaque année au Tchad, dont une partie est affectée par la chaleur extrême et la sécheresse. À cela s’ajoutent 3 millions d’enfants non scolarisés et 2 millions souffrant de malnutrition chronique, autant de facteurs liés au climat.
Le gouvernement affiche une volonté d’agir. « Nous sommes réunis pour mobiliser des financements, structurer des projets bancables et conclure des partenariats opérationnels », a déclaré le Dr Abdoulaye Sabre Fadoul. Il a insisté sur la nécessité de simplifier les procédures d’accès au financement, jugées trop lentes et éloignées des réalités du terrain.
Mme Héléna Owen, ambassadrice du Royaume-Uni au Tchad, a confirmé la volonté de son pays de soutenir le gouvernement et les communautés dans le renforcement de leur capacité d’adaptation.
Amir Idriss Kourda, représentant du ministre de l’Environnement, a souligné que le climat doit être perçu comme un levier pour le développement. Le pays mise sur ses ressources, notamment le potentiel solaire, les terres agricoles et une jeunesse prête à entreprendre.
Les engagements climatiques doivent se traduire par des réalisations concrètes : projets d’énergie solaire, reboisement et gestion de l’eau. Pour cette deuxième année, l’accent est mis sur la transformation des engagements en résultats tangibles, avec le soutien de mécanismes financiers transparents.


