Le Président de l’Assemblée nationale, Ali Kolotou Tchaïmi, a présidé ce mercredi 29 avril 2026, à l’hémicycle de Gassi, une séance plénière consacrée à une question d’actualité sur la problématique de l’accès à l’eau potable au Tchad. Cette interpellation parlementaire, portée par la députée Neloum Mbaigoto Sylvie, s’est déroulée en présence du ministre de l’Eau et de l’Énergie, Passalet Kanabé Marcelin, de ses proches collaborateurs ainsi que de la secrétaire générale du gouvernement, Dr Ramatou Mahamat Hountouin.
Dans son propos introductif, le président de l’Assemblée nationale a rappelé la gravité de la question liée à l’accès à l’eau potable, devenue une préoccupation majeure pour les populations tchadiennes. Il a mis en lumière plusieurs insuffisances relevées par l’auteure de la question, notamment le faible taux d’accès à l’eau dans certaines localités, les disparités entre les zones urbaines et rurales, ainsi que les défis liés à la couverture nationale en infrastructures hydrauliques et énergétiques.
Face aux élus du peuple, le ministre Passalet Kanabé Marcelin a répondu avec fermeté et transparence aux différentes préoccupations soulevées. Il a d’abord salué l’initiative de la députée Neloum Mbaigoto Sylvie, avant de présenter ses excuses pour son absence lors d’une précédente séance de question orale avec débat, expliquant qu’il se trouvait alors en mission d’urgence à Washington avec plusieurs membres du gouvernement sur des dossiers stratégiques liés à l’eau.
Le chef du département de l’Eau et de l’Énergie a indiqué que cette mission avait permis au Tchad de nouer de nouveaux partenariats et d’engager des discussions avec des partenaires américains afin de renforcer les capacités du pays dans le secteur hydraulique. Selon lui, les données actuelles révèlent un taux d’accès à l’eau potable estimé à 63,50 % au niveau national, avec seulement 15 % dans certaines zones reculées. Il a également présenté le bilan des réalisations du ministère : 502 châteaux et mini-châteaux d’eau construits, 90 grands châteaux réalisés, 250 pompes hydrauliques installées ainsi que 28 stations solaires mises en place.
Poursuivant son intervention, le ministre a souligné que près de quatre millions de personnes sont aujourd’hui couvertes par la Société tchadienne des eaux. Il a insisté sur la volonté du gouvernement de renforcer davantage l’accès durable à l’eau potable, tout en accordant une place importante aux énergies renouvelables pour accompagner le développement des infrastructures hydrauliques à travers le pays.
Prenant à son tour la parole, la députée Neloum Mbaigoto Sylvie a rappelé que cette interpellation parlementaire ne devait pas être perçue comme un procès contre le gouvernement, mais plutôt comme une tribune d’échanges visant à trouver des solutions concrètes aux difficultés que rencontrent quotidiennement les populations. Plusieurs députés ont également exprimé leurs inquiétudes face aux tensions récurrentes liées à l’eau dans certaines localités, où des conflits parfois meurtriers éclatent autour de cette ressource vitale. La qualité de l’eau consommée et le contrôle sanitaire ont aussi été largement évoqués au cours des débats.
Le député Dr Jacques Laouhingamadji a, pour sa part, salué les efforts engagés sur le terrain par le ministère, tout en insistant sur la nécessité de réduire les disparités dans l’accès à l’eau, d’améliorer les mécanismes de contrôle de qualité et d’intégrer davantage les réalités locales dans les programmes gouvernementaux.
En réponse aux différentes interventions, le ministre Passalet Kanabé Marcelin a remercié les élus pour leurs contributions, affirmant que le Maréchal du Tchad fait de la question de l’eau une priorité nationale. Il a enfin appelé les députés à accompagner les actions du gouvernement, reconnaissant que le secteur de l’eau demeure un défi complexe nécessitant une mobilisation collective.


