Les cadres et ressortissants de la province du Tibesti ont lancé un appel à la cessation immédiate des hostilités et à l’application stricte des accords de paix suite aux récents affrontements armés survenus dans la région de Miski.
Le mercredi 14 octobre, de nouveaux combats ont opposé les Forces de défense et de sécurité tchadiennes au Comité d’autodéfense de Miski dans le département d’Emi Koussi. Ce regain de violence, survenu dix-huit mois après la signature de l’accord de Bardaï le 20 avril 2025, a causé des pertes humaines dans les deux camps. Face à la détérioration de la situation sécuritaire, des cadres et figures administratives de la province sont sortis de leur réserve pour exprimer leurs condoléances aux familles touchées et formuler des propositions de sortie de crise.
Dans leur déclaration, les représentants provinciaux soulignent les conséquences néfastes de la persistance du conflit sur les populations locales. L’instabilité récurrente perturbe le fonctionnement des services publics essentiels, notamment la réouverture des établissements scolaires, l’accès aux soins de santé et le retour effectif de l’administration civile.
Les signataires mettent également en garde contre la propagation de discours clivants sur les réseaux sociaux, appelant les citoyens au calme et au respect de l’unité nationale.
La question de la gestion des ressources aurifères demeure au centre des tensions dans le nord du pays. Dans leur communication, les cadres rappellent la nécessité de concilier le respect des engagements pris avec le maintien de l’ordre public. Un appel direct est adressé au Gouvernement et au Comité d’autodéfense pour qu’ils respectent l’intégralité des termes figurant dans le texte signé à Bardaï. Le document rappelle par ailleurs l’importance de faire appliquer le code minier afin d’assurer une exploitation encadrée et équitable des richesses du sous sol, tout en exhortant les deux parties à renoncer à la voie armée au profit de solutions concertées.
Pour éviter la résurgence périodique des affrontements, les ressortissants de la province préconisent la création d’un Cadre permanent de concertation pour la paix au Tibesti.
Imaginée en lien avec l’institution du Médiateur de la République, cette structure rassemblerait les autorités administratives, les chefs traditionnels, les élus, ainsi que des représentants de la société civile, des femmes et de la jeunesse. Son rôle consisterait à évaluer les causes sous jacentes du conflit, à suivre l’application des décisions prises et à favoriser un dialogue direct entre les acteurs locaux.


