La lutte contre la maladie du ver de Guinée s’intensifie au Tchad. Dimanche 18 octobre, la ville de Sarh a constitué la cinquième escale de la tournée nationale menée par le ministre de la Santé publique et de la Prévention, le Dr Abdelmadjid Abderahim. Ce déplacement vise à remobiliser les acteurs locaux et à renforcer le dispositif de surveillance face à cette parasitose particulièrement résiliente.
La rencontre a réuni les autorités administratives, civiles et militaires, les leaders religieux et traditionnels, ainsi que les partenaires techniques. Les participants ont partagé un constat commun : malgré des progrès tangibles, la menace demeure active, notamment en raison de la persistance des réservoirs d’infection chez les animaux domestiques, comme les chiens et les chats.
Dressant le bilan épidémiologique de la province, le délégué sanitaire intérimaire, Dr Nehoulné Gaston, a souligné les avancées réalisées tout en appelant à une vigilance accrue dans la zone de Maïmana. La concentration de cas observée dans cette localité nécessite un renforcement rapide des effectifs et des interventions de terrain. Pour interrompre la chaîne de transmission, le coordonnateur du Programme national d’éradication du ver de Guinée, le Dr Tchidibé Ouakou, a rappelé l’importance des mesures préventives fondamentales, notamment la gestion rigoureuse des restes de poissons et autres déchets aquatiques.
Prenant la parole aux côtés du représentant du Centre Carter, Abdallah Miftu, le premier adjoint au maire de Sarh, Djimasra Madjadinan, a salué la qualité de ce partenariat stratégique dans la conduite des actions de surveillance et de prévention.
De son côté, le délégué général du gouvernement auprès de la province du Moyen-Chari, Abdraman Ahmat Bargou, a exhorté la population à un engagement civique exemplaire : « L’éradication exige la participation active de chacun. Tout cas suspect doit être immédiatement signalé aux services de santé, et les consignes préventives doivent être scrupuleusement appliquées. »
Enfin, Dr Abdelmadjid Abderahim a rappelé que le Tchad figure parmi les rares pays, aux côtés du Mali, du Soudan du Sud, de l’Angola, de l’Éthiopie et du Cameroun, encore confrontés à cette maladie invalidante.
« Le ver de Guinée ne dispose ni de traitement spécifique ni de vaccin. La prévention constitue l’unique moyen d’interrompre la transmission », a affirmé le ministre, tout en exprimant la reconnaissance du gouvernement envers le Centre Carter pour son accompagnement continu.
À travers ce rassemblement à Sarh, les autorités et leurs partenaires réaffirment qu’une vigilance collective demeure la condition essentielle pour atteindre l’objectif de zéro cas sur le territoire national.


