À l’occasion de la Conférence des femmes africaines ministres et parlementaires, le ministre des Télécommunications a appelé à dépasser les postures de principe. Pour Dr Boukar Michel, l’inclusion des femmes dans les sphères de décision n’est pas une concession sociale, mais un impératif de sécurité nationale.
La deuxième journée de la Conférence des femmes africaines ministres et parlementaires a pris, ce mercredi, une tournure résolument stratégique. Loin des simples déclarations d’intention, les débats se sont cristallisés autour d’une question centrale : comment transformer le leadership féminin en véritable moteur de refondation pour les États du continent ?
Invité à la tribune du panel « Le leadership féminin comme levier de refondation nationale », Dr Boukar Michel, ministre des Télécommunications et de l’Économie numérique, a délivré une analyse sans concession sur les structures de gouvernance actuelles. Face à un hémicycle composé de décideuses et d’expertes continentales, il a défendu une vision où la parité devient l’outil premier de la résilience étatique.
Le ministre a articulé son plaidoyer autour de la Résolution 1325 des Nations Unies. Bien que ce texte de l’an 2000 définisse quatre piliers critiques notamment participation, protection, prévention et reconstruction, sa mise en œuvre peine encore à transformer les réalités de terrain.
« Face à l’hydre du terrorisme, aux urgences climatiques et aux fractures numériques, l’apport des femmes n’est plus une option, c’est une réponse stratégique », a martelé le ministre.
Selon lui, la gestion des crises contemporaines exige une approche plurielle que seule une présence accrue des femmes dans les centres de commandement peut garantir. Il ne s’agit plus seulement d’équité, mais d’efficacité opérationnelle dans la résolution des conflits et la gestion humanitaire.
Si le Dr Boukar Michel reconnaît des avancées notables à l’échelle du continent, il n’a pas occulté la persistance d’une sous-représentation chronique dans les instances de paix et de sécurité. Pointant du doigt le fossé entre les engagements diplomatiques et la réalité des nominations, il a exhorté les États à une « action coordonnée » pour briser les derniers verrous structurels.
À travers cette intervention, le Tchad affiche une volonté de leadership sur les questions de gouvernance paritaire. En alignant sa vision sur les orientations des plus hautes autorités de l’État, le ministre réaffirme une conviction profonde : le développement durable de l’Afrique restera une perspective lointaine tant que la moitié de ses talents sera maintenue à la périphérie du pouvoir.


