La Semaine nationale d’actions en faveur de la fille et la Journée internationale de la fille (édition 2026) se sont achevées ce vendredi 16 octobre. La cérémonie de clôture a été présidée par le Secrétaire général du ministère de la Femme et de la Petite Enfance, Cherif Allatchi Galma, représentant la ministre d’État, en présence du représentant adjoint de l’UNICEF au Tchad, Daouda Diop, et de leurs collaborateurs. Cet événement marque le lancement d’une feuille de route axée sur des résultats mesurables.
Malgré les initiatives engagées, le pays fait face à d’importants défis structurels. Selon l’enquête MICS6-Tchad (2019), 60,6 % des filles sont mariées avant l’âge de 18 ans, contre 10,8 % des garçons. Cette situation entraîne l’interruption des parcours scolaires et prive la nation d’un potentiel humain essentiel.
Face à ce constat, le gouvernement et ses partenaires entendent passer des cérémonies ponctuelles à des politiques publiques durables. Pour traduire ces orientations en actions concrètes, le ministère de la Femme et de la Petite Enfance, en collaboration avec l’UNICEF, s’articule autour de cinq engagements majeurs.
Le premier axe vise à assurer la continuité éducative afin de prévenir le décrochage scolaire et de sécuriser l’avenir des filles et de leurs familles. Le deuxième engagement concerne l’éradication du mariage des enfants, requalifié non pas comme un simple fait de société, mais comme une violation des droits humains et un obstacle au développement économique. Le troisième volet porte sur la protection sociale, en renforçant les dispositifs de prévention et de prise en charge contre les violences et l’exploitation. Enfin, les autorités entendent faciliter l’accès des filles aux filières scientifiques, technologiques, numériques et professionnelles, tout en favorisant leur participation active à la vie citoyenne et aux espaces de décision.
Lors de son intervention, M. Cherif Allatchi Galma a rappelé que l’État ne peut agir seul et a sollicité la mobilisation de l’ensemble des acteurs sociaux. Les leaders traditionnels et religieux sont invités à faire évoluer les normes sociales, les parents à considérer l’éducation des filles comme un investissement, et le corps enseignant à garantir un environnement scolaire sécurisé. Les jeunes hommes sont également appelés à s’associer à cette dynamique, tandis que les autorités ont adressé aux jeunes filles un message d’encouragement à poursuivre leurs ambitions.
De son côté, le représentant adjoint de l’UNICEF, Daouda Diop, a rappelé les statistiques actuelles : le Tchad figure parmi les pays les plus touchés par le mariage des enfants, où plus d’une jeune femme sur quatre âgée de 20 à 24 ans a été mariée avant 15 ans. Pour la seule année 2025, les centres sociaux ont recensé et pris en charge 389 cas.
L’organisme international a toutefois souligné les avancées enregistrées par le gouvernement, notamment l’adoption de la feuille de route nationale 2024–2026, la confirmation du cadre juridique fixant l’âge légal du mariage à 18 ans, ainsi que le développement d’initiatives d’engagement citoyen comme Super Banat, U-Report, l’Académie du leadership ou le Parlement des adolescentes.


