Le Sénat du Tchad a tenu, ce lundi 15 juin 2026 à son siège, une séance plénière consacrée à une question orale avec débat portant sur les difficultés de la diplomatie tchadienne. Portée par la sénatrice Mariam Ahmat Djemil, cette initiative vise à obtenir des clarifications sur la conduite de la politique étrangère et les obstacles qui freinent le rayonnement international du pays. Les travaux ont été dirigés par le président de la haute chambre, Dr Haroun Kabadi.
Pour répondre aux interrogations des parlementaires, le ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, de l’Intégration africaine et des Tchadiens de l’Étranger, Dr Abdoulaye Sabre Fadoul, a été auditionné par la représentation nationale. Les discussions ont principalement porté sur le fonctionnement des représentations diplomatiques, la défense des intérêts nationaux, la coopération bilatérale et multilatérale, ainsi que sur la prise en charge des doléances de la diaspora.
Dans son intervention, la sénatrice Mariam Ahmat Djemil a alerté sur la situation matérielle des agents en mission. Selon elle, « le personnel diplomatique vit une précarité insoupçonnable en raison du coût élevé de la vie dans plusieurs pays d’affectation ». Une situation qui, selon l’élue, pèse sur les conditions de travail et la motivation des agents, rendant urgente l’adoption de mesures correctives.
En réponse, le ministre d’État, Abdoulaye Sabre Fadoul, a admis l’existence de plusieurs défis structurels. Il a notamment reconnu les difficultés du Tchad à positionner ses cadres aux postes stratégiques de décision au sein de l’ONU, de l’Union africaine ou d’autres organisations internationales. De l’aveu du chef de la diplomatie, cette faible représentativité prive le pays d’un levier d’influence majeur, d’un accès optimisé aux financements et d’une visibilité accrue sur l’échiquier mondial.
À l’issue des échanges, les sénateurs ont réaffirmé leur volonté d’accompagner l’optimisation de l’action diplomatique tchadienne, dans un contexte global marqué par des mutations sécuritaires, économiques et géopolitiques. Cet exercice illustre la mise en œuvre de la mission de contrôle de l’action gouvernementale par le Sénat, tout en plaidant pour des réformes capables de consolider l’influence du Tchad à l’échelle régionale et internationale.


