La deuxième édition du Salon National de l’Élevage du Tchad (SNET) a consacré sa troisième journée, ce samedi 7 novembre 2026, à un forum économique axé sur le financement, l’investissement et la modernisation de la filière animale. Les échanges ont réuni pouvoirs publics, opérateurs économiques, institutions financières et professionnels autour des perspectives de valorisation du potentiel pastoral tchadien.
La réflexion s’est ouverte avec l’allocution de Mahamat Ousman Béchir, Rapporteur général du comité d’organisation, qui a souligné l’importance de créer des passerelles entre les acteurs économiques et financiers. Il a présenté le forum comme un cadre de concertation destiné à rapprocher les besoins des professionnels des possibilités d’investissement et de financement, tout en faisant émerger des solutions concrètes aux difficultés du secteur.
Au nom du ministre de l’Élevage et de la Production animale, Mahamat Mamadou Elaphi, Directeur de cabinet du ministre, a officiellement lancé les travaux. Il a rappelé le rôle de l’élevage dans l’économie nationale, les moyens de subsistance des ménages et la création d’opportunités pour les jeunes et les entreprises. Il a notamment mentionné la nécessité de développer une chaîne de valeur intégrée, allant de la santé animale, de l’alimentation et de l’amélioration des performances des troupeaux jusqu’à la collecte, la conservation, la transformation et la commercialisation des produits animaux. Il a également appelé à accorder une attention particulière à la transformation locale ainsi qu’à la participation des femmes et des jeunes.
Le premier panel, consacré à la production et à la structuration de la filière, a porté sur le thème de la valorisation du cheptel, de la protection des troupeaux et de la modernisation des chaînes de valeur. Les interventions ont mis en évidence la nécessité de faire passer l’important potentiel pastoral du Tchad à une économie de production, de transformation et de commercialisation.
Les panélistes ont souligné que l’État ne peut, à lui seul, assurer le développement de toute la filière. Les opérateurs économiques doivent jouer un rôle central dans la production, la transformation et la distribution, tandis que les pouvoirs publics sont appelés à faciliter les investissements, améliorer l’accompagnement et lever les obstacles structurels. L’accès au financement et la bancabilité des projets ont occupé une place importante dans les discussions. Les participants ont été invités à mieux structurer leurs initiatives afin de faciliter leur accès aux ressources financières et aux partenariats techniques.
D’autres enjeux ont été abordés, notamment la sécurisation des investissements dans l’élevage, l’insuffisance des mécanismes d’assurance pour le grand bétail et les possibilités de développement de la filière avicole, considérée comme une source de revenus rapidement mobilisables pour les ménages.
Les opportunités liées aux zones économiques spéciales, aux facilités foncières et aux avantages destinés aux investisseurs ont été évoquées comme des leviers susceptibles d’encourager l’implantation des entreprises.
Le forum a servi de cadre à la présentation de trois projets destinés à renforcer les investissements et l’intégration des chaînes de valeur animales. Parmi les initiatives exposées figurent le programme Baghara, le projet CACOMUT, orienté vers une approche intégrée de la filière animale, ainsi que le programme Green Fodder, axé sur la sécurité alimentaire et l’autonomie pastorale. Ces présentations ont permis de mettre en lumière des pistes d’intervention pour améliorer les capacités de production, soutenir les acteurs économiques et renforcer la disponibilité des ressources alimentaires destinées au bétail.
À la suite des présentations, les participants ont échangé avec les panélistes sur les difficultés rencontrées par les professionnels, les conditions d’accès au financement et les mécanismes susceptibles de favoriser les investissements privés dans le secteur.
Au terme des discussions, un enjeu s’est dégagé : transformer les recommandations du forum en actions réalisables, avec des responsabilités définies et un dispositif de suivi impliquant les institutions publiques, les partenaires financiers et les opérateurs économiques. À travers cette troisième journée, le SNET 2026 entend ainsi dépasser le cadre de l’exposition pour faire de la concertation économique un levier de modernisation de l’élevage et de valorisation du potentiel animal du pays.


