Afin d’inscrire le riche héritage historique de la cité dans ses perspectives de développement, le maire de Sarh, Mahamat Boka Ramadan, a initié une tournée mémorielle. Accompagné du général Doungouss Kimto, le maire a revisité les sites emblématiques de l’ancienne Fort-Archambault, une démarche visant à lier la préservation du passé à la modernisation urbaine.
Cette visite guidée, à forte portée symbolique, a permis à la délégation officielle de sillonner des lieux chargés d’histoire qui témoignent de l’évolution de la ville, de l’époque coloniale à nos jours.
Le général Doungouss Kimto, véritable témoin de l’évolution de la cité, a guidé les autorités à travers des espaces qui ont forgé l’identité de la capitale du Moyen-Chari :L’ancienne inspection forestière, site ayant abrité les premières infrastructures scolaires. Le monument Bretonnet et les carrefours historiques, notamment les ronds-points de la SNE et de l’aéroport. L’épicentre géographique de l’Afrique, un site dont la symbolique dépasse les frontières nationales. Les zones militaires et administratives, érigées sur les anciens centres névralgiques du commerce fluvial et de la logistique d’autrefois.
Située entre le fleuve Chari à l’est et le Barh-Kôh à l’ouest, Sarh possède une profondeur historique. Premier pôle urbain structuré du Tchad et berceau de l’éducation moderne, la ville fut également un foyer des luttes pour l’indépendance. Elle a vu grandir des figures illustres de la nation, à l’image de Ngakoutou Félix Malloum.
Son identité s’est consolidée au fil de plusieurs périodes : Initialement nommée Kokaga, ce qui signifie « forêt dense ». En 1899, la ville est renommée Fort-Archambault sous l’administration française. En 1913, date de l’introduction des premières écoles, marquant le début de l’enseignement moderne dans la région. En 1972, Sous l’impulsion du premier président, François Ngarta Tombalbaye, la ville prend son nom actuel : Sarh.
Pour les autorités locales, cette initiative s’inscrit dans une approche d’urbanisme culturel. En redécouvrant ces repères, la municipalité souhaite raviver la mémoire collective, particulièrement auprès de la jeunesse, et faire de cette histoire un levier de cohésion. « Le développement d’une ville passe aussi par la valorisation de son histoire », a souligné Mahamat Boka Ramadan.
Au moment où les métropoles cherchent à moderniser leurs infrastructures, l’approche retenue par Sarh rappelle l’importance de consolider les fondations d’hier pour bâtir la cité de demain.


