Le Bureau exécutif de la section provinciale du Syndicat des Enseignants du Tchad (SET) est sorti du silence ce mardi 21 avril 2026. À travers un point de presse animé par son secrétaire général, Abdelkader Djibia, l’organisation syndicale a dressé un bilan critique de la situation sociale, alors que l’année scolaire entame sa phase terminale dans un climat de vive incertitude.
Si le SET a salué les récentes nominations à la tête du ministère de l’Éducation nationale, y voyant une opportunité de redynamiser le secteur, l’optimisme reste de courte durée. Le syndicat a exhorté les nouveaux responsables à transformer les intentions en actes, rappelant que la revalorisation de la condition de l’enseignant doit cesser d’être un slogan pour devenir une priorité budgétaire et administrative.
Le point de friction majeur réside dans le non-respect du calendrier institutionnel. Le syndicat déplore le dépassement de la date butoir du 3 avril 2026, initialement prévue pour la signature du protocole d’accord relatif au décret 2850. Pour Abdelkader Djibia, cette lenteur administrative est perçue comme une entrave délibérée au dialogue social, exacerbant l’impatience d’une base déjà fragilisée par des promesses jugées sans lendemain.
L’indignation du syndicat s’est particulièrement cristallisée autour de la question des revenus. Le SET dénonce fermement des ponctions « injustifiées » sur les salaires du mois de février, qualifiant cette mesure de violation flagrante des textes réglementaires. Le Bureau exécutif a exigé un remboursement intégral et sans condition avant la fin du mois d’avril 2026. Le syndicat appelle à une implication directe du ministre de tutelle pour corriger ce qu’il considère comme un manque de considération envers les piliers du système éducatif.
Enfin, le bureau provincial du SET a lancé un appel à l’unité et à la vigilance de ses membres. Tout en privilégiant encore la voie de la concertation, l’organisation prévient les autorités : à défaut de solutions concrètes et immédiates, des actions syndicales d’envergure seront engagées pour garantir les intérêts matériels et moraux des enseignants. Le gouvernement est désormais face à ses responsabilités pour éviter une paralysie du secteur à la veille des examens de fin d’année.


