Dans les quartiers Amriguebé et Ndjari, situés respectivement dans la commune du 5ème et 8ème arrondissement de N’Djaména, les ordures ménagères s’accumulent depuis plusieurs semaines. Les habitants pointent du doigt l’irrégularité des éboueurs, dont les passages se raréfient.
Bien que de nombreux foyers disposent d’un contrat formel avec les services de ramassage, la collecte n’est plus assurée de manière régulière. Face à cette situation, certains résidents attendent la nuit pour abandonner leurs sacs dans la rue, tandis que d’autres parcourent de longues distances pour trouver un terrain vague. Cette accumulation de déchets à l’air libre encombre la voie publique et détériore les conditions sanitaires du voisinage.
« Cela fait près de deux semaines qu’ils ne sont pas passés, alors qu’ils doivent venir tous les trois jours pour un abonnement de 2 000 Fcfa par mois », déplore Zara, une habitante du quartier Ndjari.
Ce manque de régularité pousse de nombreux ménages à rompre leurs engagements financiers. Historiquement, la collecte est opérée par des agents informels rémunérés entre 100 et 250 Fcfa par jour. Ces derniers se sont progressivement structurés en petites entreprises de nettoiement pour proposer des forfaits mensuels. Cependant, la qualité de la prestation a baissé. « Ils s’absentent parfois pendant une semaine entière. C’est de l’escroquerie », s’indigne Mami, qui a récemment résilié son abonnement. Un avis partagé par Tahir, propriétaire immobilier dans la zone : « Je ne vais pas continuer à payer des prestataires qui ne font pas leur travail. Chacun gère désormais ses déchets comme il peut. »
Pour l’heure, les sollicitations des usagers auprès des services de ramassage restent sans réponse, et les tas d’ordures continuent de s’étendre dans les rues.


