À l’approche de la saison des pluies, l’angoisse des inondations refait surface dans les quartiers de N’Djaména. Marqués par les lourds dégâts des précédents hivernages, de nombreux citadins réclament des mesures d’urgence. Tribune Échos est allé à la rencontre de certains habitants qui, entre inquiétude et espoir, interpellent directement leurs autorités communales.
Dans les rues de la capitale, la principale revendication ne varie pas : il faut curer, et vite, les caniveaux et les grands canaux d’évacuation. Pour les résidents, ces travaux préventifs restent la seule garantie pour faciliter l’écoulement des eaux pluviales et préserver les zones les plus vulnérables. « Ces travaux sont indispensables, mais ils doivent s’intégrer dans un véritable plan de drainage vers les principaux collecteurs », nuance Abouya Ahmat, un habitant de la capitale. Selon lui, la solution ne viendra pas des seules autorités : « La mairie doit impliquer les chefs de carré, les mouvements de jeunesse et les associations locales pour créer une véritable mobilisation citoyenne. »
Sur le terrain, le constat est parfois alarmant. Dans des quartiers tels qu’Ambatta, Amtoukouin ou Kamnda, dans le 7e arrondissement, la population pointe du doigt des infrastructures jugées incomplètes ou mal exécutées. Des riverains dénoncent notamment la présence de dallots isolés, non reliés au réseau de caniveaux existant. Un dysfonctionnement qui, selon eux, risque de provoquer des stagnations d’eau et des débordements dès les premières averses.
Le constat est similaire dans le 3ᵉ arrondissement. Si un habitant interrogé salue les efforts déjà amorcés par la municipalité, il tire toutefois la sonnette d’alarme sur un secteur critique : l’axe situé entre l’ancien canal, le garage Sao et le marché de mil. Là-bas, l’absence de curage bloque déjà tout espoir de fluide évacuation. Face au danger, ce citadin invite le maire à effectuer une descente sur le terrain pour mesurer l’urgence de la situation.
Autre sujet de préoccupation majeure : l’état du réseau routier. Plusieurs artères de la ville affichent déjà de sérieuses dégradations avant même la première goutte de pluie. Les citoyens redoutent un ralentissement de l’économie locale et, pire, l’isolement complet de certains quartiers si rien n’est fait pour stabiliser les voies de communication.
Pour Mbaihodoum Vincent, un autre Ndjamenois rencontré, la réponse doit être globale. Il insiste d’une part sur l’entretien régulier des bassins de rétention d’eau, et d’autre part sur la sensibilisation active des populations aux bonnes pratiques d’assainissement, notamment pour éviter le rejet des ordures dans les canaux. À l’aube de cet hivernage, le message des administrés est : seule une action coordonnée et immédiate entre les communes et la population permettra de mettre N’Djaména à l’abri d’un nouveau sinistre.


