À N’Djamena, la défécation à l’air libre demeure une pratique courante malgré les risques sanitaires qu’elle engendre. Dans plusieurs quartiers de la capitale tchadienne, des espaces inoccupés, des mares d’eau et des bassins de rétention sont quotidiennement utilisés comme lieux d’aisance par des habitants. Cette situation, particulièrement alarmante en saison pluvieuse, soulève de nombreuses préoccupations en matière de santé publique et d’hygiène urbaine.
Les riverains ne cachent plus leur exaspération face à cette insalubrité grandissante. « Il faut se boucher le nez pour passer à certains endroits après la pluie », confie un habitant du 7e arrondissement. En effet, l’odeur nauséabonde qui se dégage de ces sites est devenue insupportable, rendant la vie difficile aux populations environnantes. Enfants comme adultes se dirigent vers ces lieux ouverts pour se soulager, faute d’infrastructures sanitaires adaptées ou par simple négligence.
Cette pratique, au-delà de l’aspect moralement répréhensible, représente un danger sanitaire majeur. Elle contribue à la propagation de maladies hydriques telles que le choléra, la typhoïde ou encore les infections intestinales. La prolifération des moustiques, vecteurs de paludisme, est également favorisée par l’accumulation d’eaux stagnantes souillées.
Face à cette situation, un appel à la responsabilité collective est lancé. Il est impératif que la population prenne conscience de la gravité du problème et adopte des comportements plus hygiéniques. La construction de latrines familiales ou communautaires doit être encouragée, tout comme le respect des normes d’assainissement.
Les autorités locales, notamment la mairie de N’Djamena, ainsi que les organisations œuvrant pour la protection de l’environnement et la santé publique, sont invitées à intensifier les campagnes de sensibilisation. Il ne s’agit plus seulement d’éduquer, mais d’agir fermement pour éradiquer ce phénomène.
La lutte contre la défécation à l’air libre est une urgence sanitaire. Elle nécessite une mobilisation générale, tant des citoyens que des pouvoirs publics, pour préserver la santé des populations et garantir un cadre de vie sain pour tous.


