À Moundou et dans sa périphérie, une mission scientifique conduite par le Laboratoire National des Eaux (LNE) vient de rendre ses premières conclusions. Durant dix jours, les experts ont passé au crible les ressources hydriques de la province pour évaluer l’impact des activités humaines et industrielles sur cet écosystème fragile.
Placée sous la direction d’Akoina Moursal, responsable de la qualité des eaux, cette seconde phase de collecte a permis de constituer une base de données exhaustive. Les équipes ont procédé à des prélèvements variés, eaux de surface (lacs et fleuves), eaux souterraines et sédiments, tout en effectuant des analyses physico-chimiques immédiates sur le terrain.

L’enquête s’est focalisée sur les zones critiques, particulièrement exposées aux effluents urbains et aux rejets industriels. L’objectif est d’obtenir une cartographie précise de la pollution dans cette province stratégique du sud du Tchad, où la concentration industrielle et la densité démographique pèsent lourdement sur l’environnement.
Les échantillons ainsi prélevés seront désormais soumis à une batterie d’examens approfondis en laboratoire. Analyses microbiologiques, environnementales et études isotopiques permettront d’établir un diagnostic rigoureux de l’état des eaux, dans un contexte global de stress hydrique accentué par le changement climatique.
Cette initiative dépasse le cadre de la simple étude technique. Elle vise à fournir aux décideurs des données fiables pour orienter les politiques publiques de santé et de protection de l’environnement. À terme, les résultats du LNE devraient conduire à un durcissement des mécanismes de contrôle des rejets, afin de garantir la pérennité de cette ressource vitale pour les populations locales.


