Le préfet du Kanem-Est, Abakar Abderahim Eriteiro, a conduit une mission de terrain dans les localités de Toukouli, Digueïri et Moulouforang, situées dans la sous-préfecture de Djara rural. Accompagné d’une importante délégation, le chef de l’exécutif départemental s’est rendu sur place pour désamorcer plusieurs différends liés à la gestion du foncier rural, notamment autour de la construction de lieux de culte et de la création d’implantations villageoises.
À Toukouli, le préfet a dû arbitrer un litige concernant le projet de construction simultanée de deux mosquées au sein du même village. Afin de prévenir d’éventuelles tensions de voisinage et de préserver la cohésion communautaire, le préfet a prononcé la suspension conservatoire des deux chantiers, dans l’attente d’un règlement pacifique de la situation. Dans les localités voisines de Digueïri et Moulouforang, les discussions ont porté sur la création d’un nouveau village, dont l’emplacement exact suscite une contestation entre deux chefs traditionnels (Marra). La délégation départementale a engagé des concertations avec les parties prenantes, et ces négociations se poursuivent afin de déboucher sur un compromis conforme aux réglementations administratives en vigueur.
Lors de ses différents échanges, le préfet Abakar Abderahim Eriteiro a formellement rappelé aux autorités coutumières et traditionnelles les directives du Vice-Premier Ministre chargé de l’Administration du territoire et de la Décentralisation. Il s’est notamment appuyé sur le message officiel du 27 décembre 2024 encadrant la prévention des conflits ruraux et intercommunautaires.
L’autorité administrative a insisté sur le fait que l’attribution de parcelles rurales, la fondation de nouveaux villages ou ferricks, ainsi que l’érection d’infrastructures communautaires comme les forages, les écoles, les centres de santé ou les lieux de culte, sont strictement soumises à l’approbation préalable des autorités compétentes. De plus, l’occupation illégale de terres agricoles demeure prohibée, au même titre que l’obstruction des couloirs de transhumance et des aires de stationnement réservés au bétail.
Enfin, agriculteurs et éleveurs ont été appelés à une responsabilité partagée et au respect mutuel de leurs droits respectifs sur l’espace rural. En conclusion de sa tournée, le préfet a exhorté l’ensemble des responsables administratifs, traditionnels, religieux et les populations locales à privilégier systématiquement le dialogue et les voies légales pour garantir la stabilité et la paix sociale dans le département.


