À Doba, chef-lieu de la province du Logone Oriental, la saison des mangues connaît un coup d’arrêt inhabituel. En ce mois d’avril 2026, la rareté de ce fruit emblématique, pourtant pilier de l’économie locale et du régime alimentaire des habitants, suscite une vive préoccupation.
D’ordinaire, à cette période de l’année, les abords de l’agence STTL et les allées du grand marché de Doba croulent sous les paniers de mangues. Cette effervescence saisonnière laissait place à un commerce florissant où le fruit était accessible à toutes les bourses. Cette année, le paysage est radicalement différent : les étals restent clairsemés et les rares cargaisons disponibles s’écoulent à des prix nettement supérieurs à la moyenne saisonnière.
Si la baisse de production est manifeste, ses origines font l’objet de plusieurs analyses de la part des acteurs de la filière. Des producteurs locaux pointent du doigt des anomalies climatiques, notamment des vagues de chaleur intense et une pluviométrie irrégulière ayant perturbé le cycle de floraison des manguiers. À ces facteurs météorologiques s’ajoutent des enjeux structurels : le vieillissement progressif des vergers de la région et un déficit d’entretien technique des plantations, qui pèsent sur les rendements globaux.
Les conséquences de cette « saison blanche » se font déjà sentir. Pour les revendeuses, dont l’activité dépend quasi exclusivement de ce commerce saisonnier, la baisse des volumes entraîne une chute brutale des revenus. Côté consommateurs, la mangue, jadis produit de consommation courante et symbole de convivialité, tend à devenir un luxe inaccessible pour de nombreux foyers.
Cette situation met en lumière la fragilité de l’arboriculture dans la province. Des professionnels du secteur appellent désormais à une réaction des autorités et des partenaires du développement agricole. « La relance de la production, par le biais de techniques agricoles résilientes et d’un appui direct aux planteurs, est une nécessité urgente », plaide un exploitant local. L’enjeu est depréserver l’identité fruitière de Doba et garantir la sécurité économique des familles qui en dépendent.


