La ville d’Ati, chef-lieu de la province du Batha, a accueilli ce mercredi la cérémonie officielle de lancement du projet « Amélioration de la gestion de la Réserve de Faune de Ouadi Rimé–Ouadi Achim au bénéfice de la nature et des communautés », baptisé Natur-OROA.
Cette rencontre a mobilisé les autorités administratives, les responsables des services techniques, les partenaires au développement ainsi que les représentants des collectivités territoriales et les chefs traditionnels venus des provinces du Batha, du Bahr-El-Gazal et du Wadi Fira.
Soutenu par l’Union européenne via l’initiative NaturAfrica, ce projet vise à consolider les succès des programmes précédents, marqués notamment par la réintroduction emblématique de l’oryx algazelle.
Lors de son allocution, le Directeur Pays de Sahara Conservation, Monsieur Ovalbadet Mogomna, a souligné que cette initiative s’inscrit dans les engagements nationaux de lutte contre la désertification et d’adaptation aux changements climatiques.
Créée en 1969, la Réserve de Faune de Ouadi Rimé–Ouadi Achim s’étend sur près de 78 000 km². « Ce territoire est à la fois un sanctuaire pour des espèces menacées telles que l’addax et la gazelle dama, et un espace vital pour des milliers de pasteurs et d’agropasteurs », a rappelé M. Mogomna.
Le déploiement du projet Natur-OROA s’articule autour de trois axes fondamentaux : renforcement de la surveillance, suivi écologique et protection des habitats naturels ; amélioration du niveau de vie des populations locales par le pastoralisme durable et l’autonomisation des femmes ; application du Plan d’aménagement et de gestion 2023-2032 via des mécanismes participatifs renforcés.
En ouvrant officiellement les travaux, le Secrétaire Général de la province du Batha a salué une « réponse ambitieuse et innovante » aux défis de la région. Il a précisé que cette action s’insère dans la vision du PND « Tchad Connexion 2030 », prôné par le Chef de l’État pour un développement inclusif. L’accent a été mis sur la nécessité de concilier la protection de la biodiversité avec les activités pastorales, tout en intensifiant la lutte contre le braconnage.
Les autorités ont insisté sur le rôle central des populations locales dans la réussite du projet. « Ce projet est le vôtre. Sa réussite dépendra de votre engagement et de votre appropriation », a martelé le Secrétaire Général à l’adresse des chefs traditionnels.
L’objectif final des parties prenantes est de transformer la réserve de Ouadi Rimé–Ouadi Achim en un modèle de gestion intégrée, faisant du Batha un symbole de la renaissance écologique au Tchad.


