Le Ministère de l’Eau et de l’Énergie en partenariat avec l’UNICEF a organisé du 23 au 26 juin 2026 au Musée national un atelier de formation théorique et pratique pour la mise en place des associations des usagers de l’eau potable dans les 15 provinces du Tchad. Les travaux ont été lancés par la directrice générale adjointe des infrastructures hydrauliques, Mme MERKADJITI Julienne.
Cette initiative est de contribuer à la pérennisation des ouvrages hydrauliques par la mise en place des activités d’intermédiation sociale en direction des bénéficiaires et les former afin d’acquérir des connaissances pour la suite de leur activité sur le terrain.
Dans son allocution, la directrice a déclaré malgré des avancées significatives dans l’approvisionnement en eau potable, le suivi post-projet reste le maillon faible pour garantir la durabilité des ouvrages hydrauliques.
La mise en œuvre de multiples programmes et projets d’approvisionnement en eau potable vise un objectif central, améliorer concrètement les conditions de vie des populations urbaines et rurales. Les efforts fournis affichent des résultats encourageants, avec un taux d’accès global à l’eau potable qui s’établit à 63 % en 2025.
Toutefois, cette moyenne nationale masque de profondes inégalités territoriales. Les disparités régionales s’avèrent criantes, oscillant entre un faible 11 % dans les zones les moins desservies et 80 % dans les régions les plus favorisées.
Au-delà de la construction initiale des infrastructures, le secteur se heurte à un problème structurel majeur, l’abandon ou la dégradation des ouvrages une fois les projets arrivés à leur terme. En l’absence d’un suivi post-projet rigoureux, les investissements risquent de devenir obsolètes.
Pour elle, l’expérience montre que l’organisation, même réussie, des Associations des Usagers de l’eau potable pendant la phase active d’un projet ne suffit pas. Pour pérenniser les acquis, un suivi permanent et institutionnalisé est indispensable.
Un effort considérable doit être déployé dans trois directions clés.
• L’organisation locale et la gouvernance de l’eau.
• L’entretien régulier des installations.
• La maintenance technique des ouvrages hydrauliques.
Cette démarche requiert un travail de fond basé sur l’intermédiation sociale, la formation continue et un suivi de proximité. Ces actions doivent cibler directement les usagers ainsi que l’ensemble des acteurs impliqués dans la chaîne de gestion.
Selon elle, le secteur de l’eau demeure une priorité stratégique pour le développement des nations. Au niveau national, cette importance est portée au plus haut sommet de l’État par le Maréchal Mahamat Idriss Deby Itno, Président de la République et Chef de l’État. Ce dernier a fait de l’accès à l’eau potable un véritable cheval de bataille, mettant un accent particulier sur la gestion de ce secteur vital.
À la fin de lier la théorie à la pratique, cet atelier se clôturera par une descente sur le terrain de l’ensemble des participants, une étape essentielle pour confronter les stratégies aux réalités concrètes des populations.


