La ministre de l’Action sociale, de la Solidarité et des Affaires humanitaires, Zara Mahamat Issa, a reçu en audience ce mardi 23 juin les représentants des sections française, suisse, hollandaise et belgique de Médecins Sans Frontières (MSF). Cette rencontre fait suite aux révélations d’un rapport interne faisant état de cas présumés d’abus et d’exploitation sexuels impliquant des membres du personnel de l’ONG auprès de réfugiés dans l’Est du Tchad.
Consacrée à l’examen de la situation et au renforcement des mesures de redevabilité, l’audience s’est tenue en présence du secrétaire général du ministère, du directeur général des Affaires humanitaires ainsi que du conseiller juridique de l’institution.
Au cours des échanges, les responsables de MSF ont apporté des éclaircissements sur les faits incriminés, détaillant les enquêtes internes menées et les mesures correctives déjà engagées. Ils ont notamment indiqué que plusieurs agents impliqués avaient fait l’objet de sanctions disciplinaires allant jusqu’à la radiation. Les représentants de l’organisation ont réaffirmé leur engagement à durcir les mécanismes de contrôle et de signalement pour prévenir la répétition de tels actes.
Prenant la parole, la ministre Zara Mahamat Issa a rappelé le contexte humanitaire critique que traverse actuellement l’Est du pays, marqué par l’afflux massif de réfugiés. Elle a martelé que la protection de ces populations vulnérables demeurait une priorité absolue et non négociable pour le gouvernement tchadien. La cheffe du département a souligné la nécessité de lutter avec la plus grande fermeté contre toute forme d’abus ou de violence à l’égard des bénéficiaires de l’aide. Elle a exigé une transparence totale et une meilleure transmission des informations entre les organisations humanitaires et les autorités nationales.
Rappelant que l’action humanitaire doit impérativement s’aligner sur les directives de l’État, Zara Mahamat Issa a invité les partenaires à s’intégrer pleinement dans les mécanismes nationaux de coordination. Elle a préconisé une collaboration accrue avec les ministères de la Justice et de la Femme pour garantir l’application rigoureuse des lois protégeant les réfugiés et les communautés hôtes.
En clôturant la rencontre, la ministre a réaffirmé la volonté du gouvernement de maintenir un partenariat avec MSF, mais sous condition d’une transparence absolue et du strict respect de la dignité humaine. Elle a appelé à une accélération des procédures de signalement et de prise en charge des victimes pour garantir une assistance humanitaire sûre et éthique.


