L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a abrité, ce jeudi 4 juin 2026, un atelier technique du Comité multi-acteurs. Cette rencontre constitue une étape décisive dans le processus d’élaboration de la Politique foncière nationale et de révision du Code domanial et foncier, un chantier législatif jugé important pour la stabilité socio-économique et la cohésion communautaire du pays.
L’objectif de ces travaux est de poser les fondements juridiques d’une gouvernance foncière moderne, inclusive et sécurisée.
Cette session s’inscrit dans le cadre de deux initiatives stratégiques complémentaires. La première concerne le projet « Amélioration de la gouvernance foncière locale au Tchad », axé sur l’innovation adaptative et l’inclusion au sein des systèmes locaux de sécurisation des terres. La seconde porte sur le projet « Améliorer la gouvernance foncière et réduire les conflits liés à la transhumance transfrontalière », qui déploie une approche concertée entre le Tchad, le Cameroun et la République centrafricaine.
La démarche repose sur un large consortium technique et financier. Aux côtés de l’État tchadien, des partenaires tels que la FAO, Oxfam, la Netherlands Enterprise Agency (Agence de l’entreprise des Pays-Bas) et l’agence Kadaster unissent leurs efforts, illustrant l’appui international autour de cette réforme sectorielle.
Afin de garantir l’applicabilité et la légitimité des futurs textes sur le terrain, le processus associe la rigueur administrative aux réalités coutumières locales. Les discussions ont ainsi été conduites par Idriss Bachar Kary, président du Comité multi-acteurs, dont la direction technique traduit la volonté des autorités de doter le pays d’outils juridiques transparents, modernes et adaptés. Parallèlement, la chefferie traditionnelle, premier recours historique dans la gestion des terroirs et la résolution des conflits de voisinage, a pleinement pris sa place dans le processus à travers la participation active du Sultan Moussa Bezo.
Au cours des travaux, les commissions techniques ont concentré leurs efforts sur deux priorités majeures : L’actualisation du Code domanial et foncier, un enjeu réside dans la sécurisation des investissements agricoles, la clarification des compétences des autorités locales et la protection des droits des populations les plus vulnérables, en particulier les femmes et les jeunes ruraux, souvent marginalisés en matière d’accès à la propriété foncière. Aussi, la régulation de la transhumance transfrontalière : en adoptant une approche sous-régionale avec le Cameroun et la RCA, la réforme prévoit de formaliser des couloirs de passage sécurisés pour le bétail et d’installer des espaces de concertation permanents, afin de prévenir et d’apaiser de manière durable les conflits entre agriculteurs et éleveurs.
Au terme de cette journée d’échanges, les participants ont affiché une convergence de vues sur les orientations retenues. Les acteurs impliqués se montrent optimistes quant à la finalisation rapide d’un document consensuel, destiné à devenir le socle d’un développement rural apaisé et durable au Tchad.


