Un atelier national d’échanges et de réflexion dédié à la mise en œuvre de la Décennie des Nations Unies pour l’Agriculture Familiale (DNUAF 2019-2028) a débuté ce jeudi 4 juin 2026 au Centre d’Études et de Formation pour le Développement (CEFOD). Prévus pour durer jusqu’au 6 juin, les travaux ont été ouverts par Sanoussi Hisseine Hamdane, Secrétaire général adjoint du ministère de la Production agricole et de l’Industrialisation, représentant le ministre de tutelle. L’événement rassemble des partenaires techniques et financiers, des organisations paysannes ainsi que divers acteurs du développement rural.
Lors de son allocution, le président du Conseil National des Producteurs Ruraux du Tchad (CNPRT), Kolyang Palebelé, a insisté sur la nécessité de renforcer le plaidoyer en faveur de ce modèle agricole. Selon lui, l’agriculture familiale s’impose comme un levier de développement durable capable de répondre simultanément aux défis de la sécurité alimentaire, de la lutte contre la pauvreté et de l’amélioration des conditions de vie en milieu rural.
À l’échelle globale, ce secteur occupe une place stratégique en assurant plus de 80 % de la production alimentaire mondiale tout en contribuant à la gestion durable des ressources naturelles. C’est dans cette optique que la DNUAF invite les États membres à déployer des politiques publiques et des investissements ciblés pour soutenir les petites exploitations et accroître leur impact économique et social.
Au-delà de sa fonction nourricière, l’agriculture familiale s’inscrit directement dans la trajectoire des Objectifs de Développement Durable (ODD). En Afrique, elle demeure la principale source d’emplois et de subsistance pour les ménages ruraux, jouant un rôle clé dans la réduction des inégalités, la préservation de la biodiversité et la résilience face au changement climatique.
Le Chef de programme de la FAO au Tchad, Mahamat Sorto, a pour sa part dressé un bilan encourageant des dynamiques en cours. Il a souligné que plusieurs pays ont déjà adopté des plans d’action nationaux et des cadres réglementaires pour orienter les systèmes agroalimentaires vers plus d’inclusion et de durabilité, des efforts appuyés conjointement par les gouvernements, les organisations paysannes, la FAO et le FIDA. De son côté, Nga Célestin, Chef du département Recherche et Innovation de la Plateforme Régionale des Organisations Paysannes d’Afrique Centrale (PROPAC), a rappelé que les récentes orientations de la conférence régionale de Douala visaient précisément à accélérer ce processus dans la sous-région.
En clôturant les interventions, Sanoussi Hisseine Hamdane a réaffirmé le rôle pivot du Comité National pour l’Agriculture Familiale (CNAF) au Tchad. Il a défini cette instance comme un espace de concertation multipartite essentiel qui, par le biais du dialogue et du suivi des politiques, doit permettre de positionner l’agriculture familiale comme le pilier central de la souveraineté alimentaire et du développement socioéconomique national.


