Une solidarité à l’épreuve d’une double crise humanitaire et économique. Depuis une décennie, le Tchad s’impose comme un havre de paix pour les populations des pays voisins fuyant les conflits armés. Le pays abrite un nombre considérable de réfugiés sur son territoire, un phénomène qui s’est massivement accentué dans sa partie orientale depuis le déclenchement de la guerre au Soudan en 2023. Cette hospitalité historique engendre toutefois des répercussions majeures sur le quotidien des populations hôtes.
Outre les ressortissants soudanais, le Tchad accueille également des réfugiés nigérians, camerounais, centrafricains, qui ont quitté leurs pays pour échapper aux crises sociopolitiques ou à la menace terroriste.
Sur le terrain, cette présence massive accentue la pression sur des ressources déjà limitées. Les défis se multiplient, notamment en matière de gestion sécuritaire et d’accès aux services de base tels que l’eau, le bois de chauffe et les terres cultivables. De plus, le sentiment que l’aide humanitaire bénéficie prioritairement aux populations déplacées alimente parfois des tensions avec les communautés d’accueil, elles-mêmes confrontées à une grande précarité.
À cela s’ajoutent des enjeux sanitaires. Les conditions de vie précaires et la forte concentration de personnes dans les camps, ainsi que dans certaines zones urbaines, favorisent l’apparition de foyers épidémiques qui finissent par impacter l’ensemble de la population locale.
Malgré le déploiement de la faible assistance internationale, la gestion de cette crise humanitaire prolongée demeure un défi colossal pour le Tchad, pesant lourdement sur une économie nationale déjà fragile et sur un écosystème environnemental particulièrement vulnérable.


