Depuis fin septembre, la Compagnie de gérance du coton (Cogerco) a lancé la campagne d’achat du coton dans la région de Cibitoke. Mais, loin de se réjouir, les producteurs affichent leur inquiétude face à un processus jugé opaque et à des promesses de paiement souvent non tenues.
Sur les collines de Kagazi et de Rukana, les cultivateurs disent ne plus savoir à quel prix ni quand leur récolte sera payée. Certains affirment même ne jamais avoir été remboursés pour la campagne précédente. « Nous avons travaillé à perte. Entre les pluies, les rats et les retards de la Cogerco, notre coton ne vaut plus rien », déplore un paysan rencontré au bord de la Route nationale n°5.
Dans cette plaine de l’Imbo, le coton représentait autrefois une source essentielle de revenus. Cet argent permettait aux familles rurales de financer la scolarité des enfants ou d’acheter des biens de première nécessité. Aujourd’hui, nombre de cultivateurs se retrouvent endettés, incapables de rembourser les microcrédits contractés en attendant un paiement qui tarde.
Face à cette grogne, Ir Mathieu Butahana, responsable régional de la Cogerco, appelle au calme et assure que « les fonds destinés aux producteurs sont disponibles ». Selon lui, le retard s’explique par l’attente du prix officiel que doit fixer le gouvernement. Il promet également la distribution prochaine de semences de meilleure qualité pour relancer la culture.
Mais sur le terrain, le doute persiste. Les paysans dénoncent un système injuste et non transparent. Beaucoup menacent d’abandonner la culture du coton si les choses ne changent pas.
Dans un pays où cette filière fut jadis un pilier de l’économie rurale, la colère monte. Et si les promesses ne se concrétisent pas rapidement, c’est tout un pan de l’agriculture burundaise qui risque de disparaître, emportant avec lui l’espoir des petits producteurs de Cibitoke.


