Les éléments de l’AFC/M23 mettent la pression sur Kinshasa à l’approche de la reprise des négociations de paix à Doha. Lors d’une conférence de presse tenue le vendredi 25 juillet 2025 à Goma, le mouvement rebelle, a conditionné sa participation à la phase 2 du dialogue à la libération de plus de 700 prisonniers détenus par le gouvernement congolais, qu’il présente comme des proches ou sympathisants arrêtés en lien avec le conflit.
Benjamin Mbonimpa, secrétaire exécutif et chef de la délégation de l’AFC/M23, a prévenu : « Il n’y aura pas Doha sans libération préalable des prisonniers. » Pour le leader rebelle, cette mesure constitue un test clé de la volonté de paix du gouvernement, censé mettre en œuvre la déclaration de principes signée après trois mois de négociations sous médiation qatarie. L’AFC/M23 réclame également la mise en place d’un mécanisme conjoint avec Kinshasa, le Qatar et le CICR pour encadrer ces libérations, estimées « imminentes ».
Signée fin juin à Washington entre la RDC et le Rwanda, cette déclaration de principes stipule que toutes les parties doivent entamer la mise en œuvre de leurs engagements au plus tard le 29 juillet 2025, avant d’ouvrir des négociations directes à Doha dès le 8 août. La signature d’un accord de paix global est, elle, prévue d’ici le 17 août 2025.
Cependant, sur le terrain, la situation reste tendue. Kinshasa accuse l’AFC/M23 de renforcer ses positions en vue d’une offensive sur Uvira, dans le Sud-Kivu, tandis que les combats se poursuivent autour de Goma et Bukavu. Selon les autorités congolaises et l’ONU, les violences ont causé des milliers de morts depuis janvier et ont aggravé une crise humanitaire qui affecte des centaines de milliers de déplacés.
Yenga Fazili wâ BIREGEYA, Correspondant en Afrique de l’Est et Centrale


