Au Tchad, le travail des enfants reste une réalité préoccupante qui interpelle la société et les autorités. Selon les rapports de l’UNICEF, une large proportion des enfants, parfois dès l’âge de cinq ans, est impliquée dans des activités commerciales ou domestiques, souvent au détriment de leur scolarisation et de leur bien-être.
Dans les zones rurales, de nombreux enfants deviennent bouviers, chargés de la garde des troupeaux dans des conditions pénibles : longues journées de marche, manque de nourriture, exposition aux violences et aux risques. En ville, d’autres s’adonnent à la vente de rue, à la récupération de déchets ou sont contraints à la mendicité forcée. Cette précarité économique pousse les familles à recourir à leurs enfants comme source de revenu ou main-d’œuvre, exposant ces derniers à diverses formes d’exploitation.
Les filles, quant à elles, subissent souvent un double fardeau. Mariées précocement, elles sont retirées de l’école et soumises à un travail domestique intensif. Certaines tombent également dans les réseaux d’exploitation sexuelle commerciale, notamment dans les camps de réfugiés ou les zones urbaines.
Malgré la ratification de conventions internationales, l’application des lois reste faible. Les inspections du travail sont rares et les mécanismes de protection insuffisants. UNICEF souligne que la pauvreté, l’absence d’éducation et les normes socioculturelles sont les principaux moteurs de ce phénomène.
Pour briser ce cercle vicieux, l’organisation plaide pour un renforcement de la protection de l’enfance, un meilleur accès à l’éducation et un soutien accru aux familles vulnérables. Des programmes sont en cours, mais leur impact reste limité face à l’ampleur des défis.
Au-delà des chiffres, chaque enfant privé de son enfance est un rappel de l’urgence d’agir. Le combat contre l’exploitation des enfants au Tchad nécessite une mobilisation collective, afin que la pauvreté ne soit plus synonyme de sacrifice de l’avenir des plus jeunes.


