L’Observatoire de la dépense publique (ODEP) a tiré la sonnette d’alarme sur la gestion budgétaire en République démocratique du Congo. Dans une étude publiée ce 9 juillet 2025, l’organisation, dirigée par le professeur Florimond Muteba, invite le gouvernement à rompre avec une logique de simple gestion pour adopter un budget de transformation, réellement orienté vers le développement.
Malgré une enveloppe record de 37 366 milliards de francs congolais en 2024 (environ 14,7 milliards USD), l’ODEP déplore que près de la moitié du budget ait été absorbée par les dépenses courantes, principalement les salaires et le fonctionnement des institutions. En revanche, seuls 3,6 % du budget total ont effectivement servi à des investissements publics. Les secteurs sociaux tels santé, éducation, protection sociale, n’ont reçu que des miettes : à peine 18 % des dépenses exécutées.
« Cette gestion est déconnectée des priorités constitutionnelles et des besoins de la population », fustige l’étude, qui dénonce une politique budgétaire centrée sur l’appareil d’État au détriment des citoyens. L’ODEP propose de transformer le budget national en un véritable outil de justice sociale et de développement territorial, avec des sanctions fermes à l’encontre des auteurs de détournements ou de mauvaise gestion.
Le professeur Muteba insiste : l’impunité budgétaire doit cesser. Il appelle à renforcer la discipline, la redevabilité et les contrôles pour restaurer la confiance et concrétiser les ambitions du Programme de Développement Local (PDL-145).
Yenga Fazili wâ BIREGEYA, Correspondant en Afrique de l’Est et Centrale


