Lors d’une déclaration officielle faite ce jeudi 14 mai, Abdelazim Mahamat Abakar, porte-parole de la section politique de la coalition Wakit Tamma, a vivement critiqué la gestion du pouvoir par le régime du président Mahamat Idriss Déby. Cette intervention intervient à deux jours d’une mobilisation populaire et pacifique prévue sur l’ensemble du territoire national le 16 mai prochain.
D’emblée, le porte-parole a tenu à saluer le travail de la presse nationale, qualifiant l’exercice du métier de journaliste de véritable « acte de résistance » face à ce qu’il décrit comme un climat d’intimidation et de répression. Selon lui, l’objectif de cette prise de parole est d’alerter l’opinion sur la « gravité extrême » de la crise politique tchadienne.
Abdelazim Mahamat Abakar est revenu sur l’actualité judiciaire récente, notamment la condamnation à huit ans de prison de huit responsables politiques de la coalition GCAP. Pour Wakit Tamma, cette sentence représente le franchissement d’une « ligne rouge ». Le porte-parole a qualifié cette décision de « scandaleuse », affirmant que la justice tchadienne est désormais perçue comme un instrument au service d’un pouvoir « clanique et brutal ».
Loin d’affaiblir le mouvement, ces condamnations renforceraient, selon lui, la détermination de l’opposition. Le porte-parole a réitéré l’exigence d’une libération immédiate et sans condition de tous les prisonniers politiques, citant nommément l’ancien Premier ministre Succès Masra ainsi que l’ensemble des détenus d’opinion.
« La mobilisation se poursuivra jusqu’à la libération totale de tous ceux qui sont injustement enfermés pour avoir osé penser librement », a-t-il martelé.
Le porte-parole de la section politique a également fustigé ce qu’il appelle un « silence assourdissant » de la part des défenseurs des droits humains et de la société civile locale, suggérant que la peur de la répression les aurait réduits au mutisme. Par ailleurs, Abdelazim Mahamat Abakar a pointé du doigt la passivité de la communauté internationale. Il a dénoncé le silence des chancelleries étrangères et des organisations internationales qui, par leur absence de condamnation ferme, apporteraient une « caution morale » au régime en place.
Le porte-parole a conclu en réaffirmant que le peuple tchadien n’aspirait qu’à la justice, à la dignité et au respect de ses droits fondamentaux.

