Le gouvernement tchadien, représenté par le ministre de l’Environnement Hassan Bakhid Djamous, a scellé ce vendredi 23 octobre 2026 une alliance stratégique avec la FAO pour le lancement du programme SURAGGWA. Dans un pays qui enregistre le réchauffement le plus rapide de la bande sahélienne avec +0,45 °C par décennie, les conséquences écologiques impactent directement le quotidien des populations du Kanem ou du Batha. En phase avec les priorités du Programme national de développement (PND 30) portées par le président Mahamat Idriss Déby Itno, ce projet ambitieux vise à conjuguer la réhabilitation de l’environnement, la sécurité alimentaire et la cohésion sociale face aux effets du dérèglement climatique.
Sur le terrain, la stratégie s’articule autour de la restauration massive de 1,27 million d’hectares de terres dégradées en privilégiant des espèces locales adaptées. Pour transformer ces espaces en sources de revenus pour les communautés rurales, le projet structurera des filières durables à forte valeur ajoutée autour de produits locaux comme le moringa, la gomme arabique, le miel, le balanite ou le fourrage. Comme l’a souligné le représentant de la FAO au Tchad, Aristide Ongone Obame, cette démarche concertée vise à bâtir des systèmes agroalimentaires plus inclusifs et résilients, tout en apaisant les tensions communautaires liées à la raréfaction des ressources naturelles.
Au-delà de la séquestration de 65 millions de tonnes de CO₂, l’initiative bénéficiera à plus de 5,7 millions de personnes à travers le pays. Afin d’optimiser l’impact concret sur le terrain, le ministère exige une synergie immédiate entre le programme SURAGGWA et le projet PIRSA/EJ Sahel pour mutualiser les ressources et les interventions. Rappelant qu’« il n’y a pas de meilleur moment qu’aujourd’hui pour agir », le ministre a fixé le début effectif des chantiers dans un mois, concrétisant ainsi l’engagement de l’État aux côtés des populations locales.


