Le bras de fer entre le ministre de l’Enseignement supérieur, Dr Sitack Yombatina, et le président de l’Université de N’Djaména, Pr Mahamat Saleh Daoussa Haggar, connaît un nouvel épisode. Par l’arrêté n°488 du 23 octobre 2026, le ministre a suspendu le président de ses fonctions pour « insubordination notoire et manquements à la déontologie administrative ». Le Pr Amane Tatouloum assure désormais l’intérim. Cette décision intervient dans un contexte de tensions entre les deux responsables, marqué notamment par une lettre de mise en demeure adressée au ministre et une déclaration publique qui avait suscité des interrogations lors de sa visite à l’Université.
Une lettre aux allures de confrontation institutionnelle
Dans une lettre particulièrement ferme adressée au ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de la Formation professionnelle, Dr Sitack Yombatina, le président de l’Université de N’Djaména, Pr Mahamat Saleh Daoussa Haggar, avait exprimé son profond désaccord avec plusieurs initiatives intervenues depuis la prise de fonctions du ministre. Dans cette correspondance, il dénonçait ce qu’il considérait comme des démarches susceptibles de fragiliser la stabilité de l’institution et de remettre en cause sa gouvernance.
Cette décision intervient dans un contexte de tensions entre les deux responsables, après une déclaration publique du ministre qui avait marqué les esprits lors de sa visite à l’Université. S’adressant au président, Dr Sitack Yombatina lui aurait déclaré : « Monsieur le Président, vous avez duré longtemps ici ; vous pouvez laisser la place à d’autres qui viendront gérer l’institution. »
Pour le Pr Mahamat Saleh Daoussa Haggar, ces propos ne pouvaient être réduits à une simple remarque. Il estimait qu’ils pouvaient être interprétés comme une volonté de voir son mandat prendre fin avant même l’examen approfondi de son bilan. Il avait ainsi demandé au ministre de confirmer ou d’infirmer par écrit les propos qui lui étaient attribués et d’en préciser officiellement la portée.
Dans sa correspondance, le président affirmait vouloir défendre la régularité des procédures administratives et le respect des textes régissant l’enseignement supérieur. Tout en reconnaissant les prérogatives de l’autorité de tutelle et la légitimité des contrôles administratifs, il estimait que ces mécanismes ne devaient pas être utilisés à des fins personnelles ou pour préparer le départ d’un responsable avant toute évaluation objective de sa gestion.

