Dans un communiqué publié à la suite des déclarations de l’AILC relatives à une mission d’inspection au siège de la Société des Hydrocarbures du Tchad (SHT), la direction de la compagnie nationale est sortie de son silence pour livrer sa version des faits sur les événements survenus le 7 août 2026.
Tout en réaffirmant son attachement à la transparence et aux principes de bonne gouvernance, la SHT conteste fermement les accusations d’entrave aux contrôles formulées à son encontre et met en cause les procédures employées par les inspecteurs de l’AILC.
La SHT affirme avoir pleinement coopéré dès le début des opérations, notamment par la désignation d’un point focal et la remise dans les délais de la documentation requise. La société nationale rejette ainsi toute volonté de bloquer le travail des enquêteurs, expliquant que le temps nécessaire au traitement de certains documents relevait du respect strict des procédures internes et de la nature sensible des pièces demandées.
La direction de la SHT soulève toutefois de vives réserves quant à la régularité des conditions d’intervention du 7 août. Selon l’entreprise, plusieurs agents ayant pris part aux opérations ne figuraient pas sur l’ordre de mission officiel, en contradiction avec l’article 50 du Décret n°2015/PR/2024 encadrant les activités de l’AILC. L’entreprise déplore en outre la présence de la Contrôleure Générale Adjointe accompagnée de personnes en civil et d’un important dispositif militaire armé, qualifiant ce déploiement de « disproportionné » et de nature à perturber ses activités.
Le point le plus critique de cette mise au point concerne la situation de la Directrice Commerciale et Marketing. La SHT dénonce l’isolement de sa responsable pendant près de cinq heures dans son bureau, privée de ses outils de travail et de tout moyen de communication. La compagnie estime que ce traitement contrevient aux garanties de respect de la présomption d’innocence et du droit à une défense équitable prévues par la réglementation en vigueur.
La SHT conteste la version de l’AILC concernant la transmission de documents comptables, affirmant que les factures sollicitées ont été directement extraites des équipements informatiques par les équipes de contrôle, sans qu’un récépissé de décharge en bonne et due forme ne soit délivré.
Tout en réitérant sa volonté de collaborer avec les organes de contrôle et de ne pas rechercher la confrontation, la SHT insiste sur le fait que la lutte contre la corruption doit s’effectuer dans le cadre strict des textes légaux. L’entreprise rappelle que les divergences ou incidents survenant lors des audits doivent être consignés et traités selon les voies prévues par la loi, condition essentielle selon elle pour préserver la crédibilité de l’action publique.
À ce stade, l’AILC n’a pas apporté de réponse publique aux éléments soulevés dans la mise au point de la SHT.


