Dans le cadre du Colloque international marquant le 30ᵉ anniversaire de la Haute Autorité des Médias et de l’Audiovisuel (HAMA), la troisième session du deuxième jour a été consacrée à la prévention des discours de haine dans les médias et sur les plateformes numériques.
Présidée par José Richard Pouambi, président du Haut Conseil de la Communication (HCC) de la République centrafricaine, et modérée par le Dr Ahmad Taboye, écrivain et enseignant-chercheur, la session a exploré diverses approches pour contrer ce fléau.
Me Brahim Rozzi Kellemi, représentant l’ENASTIC, a ouvert les débats en analysant le défi juridique que représente la nécessité de prévenir les discours de haine sans compromettre la liberté d’expression. Son intervention a mis en lumière la délicatesse de la régulation dans un contexte où les droits individuels doivent rester protégés.
Le Dr Focksia Nathaniel, de l’Université de N’Djamena, a ensuite souligné le rôle crucial de l’éducation à l’ère numérique, insistant sur l’importance de sensibiliser les jeunes et les citoyens à l’impact des propos haineux et à la nécessité d’une consommation critique des informations diffusées sur les réseaux sociaux.
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M. Béninga Deouro Francis, expert en technologies de l’information et conseiller technique du Médiateur de la République, a proposé des stratégies de régulation via la communication électronique. Il a évoqué la mise en place d’outils technologiques capables de détecter et de modérer les contenus haineux en ligne, tout en respectant les libertés fondamentales.
Banadji Boguel, commissaire à la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH), a pour sa part souligné le lien entre les discours de haine et les violations des droits humains, rappelant que ces propos peuvent engendrer des violences physiques et psychologiques. Il a plaidé pour une approche intégrée associant prévention, éducation et intervention légale.
En visioconférence, le Pr More Faye, de l’Université Gaston Berger de Saint-Louis (Sénégal), a enfin abordé la responsabilité des médias dans les conflits africains.
Cette session a ainsi permis d’enrichir le débat en croisant des perspectives académiques, juridiques et techniques, confirmant la détermination de la HAMA à faire de la lutte contre les discours de haine une priorité.


