La consommation de stupéfiants et de médicaments détournés connaît une progression préoccupante au sein de la jeunesse tchadienne. Dans les artères de la capitale, N’Djamena, comme dans plusieurs villes de l’intérieur, le phénomène se traduit de manière visible par la présence de jeunes errants, sous l’emprise de diverses substances. Le panel des produits consommés est large : il s’étend du tramadol et du cannabis aux médicaments à usage détourné comme le diazépam, en passant par l’alcool frelaté et d’autres excitants.
Ce basculement vers l’addiction s’explique souvent par un faisceau de facteurs socio-économiques. Le chômage, le décrochage scolaire, l’ennui, la pression sociale ou le simple effet d’entraînement poussent de nombreux jeunes à percevoir la drogue comme un exutoire face aux difficultés quotidiennes.
Les conséquences de ces produits sont lourdes. Les consommateurs s’exposent à des risques majeurs, incluant des troubles psychiatriques sévères ainsi que la propagation de maladies telles que la tuberculose, l’hépatite et les infections sexuellement transmissibles (IST). Cette situation relève désormais d’un enjeu de santé publique et de prévention, touchant particulièrement une frange de la population en manque de repères, d’encadrement et de perspectives d’avenir.
Face à ce constat, l’action conjuguée des autorités publiques, des organisations non gouvernementales et des associations de la société civile apparaît nécessaire. Le déploiement de campagnes de sensibilisation ciblées dans les universités, les établissements scolaires et les espaces publics constitue un levier essentiel pour réorienter cette jeunesse vers des dynamiques constructives.
À défaut d’une prise en charge rigoureuse et d’une préservation des forces vives du pays, le Tchad s’expose au risque de fragiliser durablement ses futures compétences et, par extension, son propre développement.


