Face au développement des fausses informations et des discours de haine sur les réseaux sociaux, l’éducation aux médias et le renforcement de l’esprit critique s’imposent comme des leviers importants pour préserver le dialogue et la cohésion sociale. C’est dans ce cadre que l’amphithéâtre de la Faculté des Lettres, Langues, Arts et Communication (FLLAC), sur le campus universitaire de Toukra, a accueilli ce samedi 24 octobre une conférence-débat intitulée : « Éducation aux médias et à l’information, culture numérique et dépolarisation en milieu jeune ».
Organisée conjointement par Voice4Thought (V4T) et le Réseau Bon Buzz, la rencontre a rassemblé universitaires, experts et étudiants afin d’échanger sur les défis posés par la désinformation, la polarisation communautaire et l’utilisation responsable des plateformes numériques.
Analysant les tensions observées dans l’espace numérique tchadien, Dr Djimet Seli, chef du département d’anthropologie de l’Université de N’Djaména et directeur du Centre de Recherche en Anthropologie et Sciences Humaines (CRASH), a mis en garde contre la propagation croissante des discours identitaires et des messages d’incitation à la haine.
De son côté, Denis Ngardinguina, rédacteur en chef de l’initiative de vérification des faits Sao-Check, a détaillé six formes récurrentes de désinformation recensées dans le pays : les faux communiqués officiels, les citations fabriquées, les vidéos sorties de leur contexte, les arnaques à l’emploi, les rumeurs à caractère communautaire ainsi que les contenus conçus pour exploiter les émotions du public.
Pour répondre à ces dérives, le Réseau Bon Buzz promeut des pratiques alternatives de communication. Créé en 2023 et officiellement lancé en juin 2025 sous la coordination de Claudine Kelpessang, ce réseau accompagne de jeunes créateurs dans la production d’articles, de podcasts et de webinaires destinés à déconstruire les stéréotypes et à favoriser le rapprochement entre communautés.
L’initiative bénéficie du soutien de Voice4Thought, organisation dirigée par Mirjam de Bruijn, qui associe recherche scientifique, journalisme et création artistique pour former la jeunesse. Selon les données présentées lors de l’événement, l’organisation a contribué à former plus de 3 000 jeunes au Mali et une centaine au Tchad.
Les débats ont principalement mis l’accent sur la vérification systématique des sources avant toute diffusion, le développement du sens critique et la prévention de la cybercriminalité dans le respect des libertés fondamentales. Saluée par les étudiants présents, cette conférence-débat a souligné le rôle central d’une information vérifiée et d’un usage responsable du numérique pour prémunir le débat public contre les risques de division.
![]()
Ray ID: 8f3a2c1b9d4e5f6a · Performance & security by Cloudflare
site-verification-ok
![]()
Ray ID: 8f3a2c1b9d4e5f6a · Performance & security by Cloudflare
site-verification-ok


